Absolument débordée, certes, mais surtout déboutée

Clément Solym - 04.10.2010

Edition - Justice - liberte - expression - administration


De débordée à dégoûtée, il n'y a qu'un pas pour l'auteure du livre qui a mis le feu aux poudres dans l'administration bordelaise et celle de France par extension...

Depuis plusieurs semaines, Aurélie Boullet, qui a signé Zoé Shepard son ouvrage, un pamphlet racontant comment on se noie dans un verre d'eau dans l'administration, voire comment on n'en fiche pas une rame, se débat avec la justice.

Condamnée à une peine de dix mois d'exclusion par la Région, elle a écopé de 6 mois de sursis lors de l'audience qui s'est tenue lme 30 août dernier. Or, le 10 septembre, Aurélie/Zoé avait déposé un recours, pour excès de pouvoir. Mais elle s'est fait débouter dans sa demande par le tribunal administratif de Bordeaux.

Si la sanction pesant contre elle « restreignait de manière abusive ses droits d'expression » et qu'entre autres, « les conséquences pécuniaires bouleversaient ses conditions d'existence jusqu'en décembre », estimait-elle, le juge n'en a eu cure. D'ailleurs, en matière de liberté d'expression, elle a largement eu sa part d'émissions diverses et variées, « afin d'assurer une large promotion de son ouvrage et de commenter sa situation de rédacteur de l'ouvrage et d'agent de la Région Aquitaine ».

Par ailleurs, les bonnes ventes du livre lui assureraient un petit pécule, de quoi « faire face à ses charges pour la période de faible durée pendant laquelle elle est privée de traitement ». Ce qui ne l'empêche, elle, pas de considérer que la peine qui lui a été infligée est illégale, raison pour laquelle elle a fait un autre recours en annulation que le tribunal examinera prochainement.

Selon Aurélie, le livre n'enfreint en rien le devoir de réserve. Mais dans tous les cas, elle ne reprendra pas du service avant janvier... « Je vais devoir retourner au conseil régional [le 3 janvier 2011], car je suis grillée dans la fonction publique territoriale. Et je suis sceptique quand à l’issue de mes demandes de détachement, y compris dans la fonction publique d’Etat, compte tenu qu’un avis du conseil régional doit être joint au dossier. Je n’ai pas le choix : si je veux partir ailleurs, je dois retourner au conseil régional et attendre que ça se tasse un peu », explique-t-elle à la Gazette des communes.