Abus sexuels : la Cour suprême tranche un cas délicat pour l'édition

Cécile Mazin - 21.05.2015

Edition - Justice - Cour suprême - abus sexuels - livre témoignage


Le pianiste James Rhodes a été abusé sexuellement, lorsqu'il était enfant. Désireux d'apporter son témoignage, il avait envisagé d'écrire un livre pour en parler ouvertement. Mais son ex-femme, préoccupée par les conséquences de ce récit sur leur fils de 12 ans, déjà d'une santé fragile, s'y était opposée. Toute l'affaire vient d'être tranchée par la Cour Suprême du Royaume-Uni.

 

 

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Michael Borowsky, CC BY NC ND 2.0

 

 

James Rhodes avait le soutien de son ami et proche, Benedict Cumberbatch, acteur de profession, dans cette quête. Face aux inquiétudes manifestées par l'ex-épouse, la publication du livre était alors retardée. Leur fils est actuellement sujet à différents problèmes de santé, et elle souhaitait avant tout ne pas en rajouter une couche psychologique, si le préado en venait à lire le livre de son papa. Ou même que ses amis de classe s'en servent contre lui.

 

Rhodes, âgé de 40 ans, a déjà fait état, par le passé, de ces abus dont il fut la victime. Et la volonté de publier un livre devenait une concrétisation de multiples témoignages passés. 

 

Le fait que la Cour suprême tranche en sa faveur n'en reste pas moins problématique. Le pianiste y voit « une victoire pour la liberté d'expression ». Selon lui, un refus de laisser publier le livre aurait engendré une série d'utilisation abusive d'une jurisprudence, pour empêcher d'autres ouvrages, en s'appuyant sur les mêmes arguments.

 

« Nous n'interdisons pas les livres dans ce pays », souligne-t-il, cité par l'AP. Pour lui, raconter et écrire cette histoire est un moyen d'encourager d'autres victimes à se manifester, et se confier à des tiers. Et il assure que son enfant ne lira pas ces mémoires, parce qu'elles ne sont pas destinées aux enfants.

 

L'identité du pianiste avait été, tout au long de la procédure, conservée secrète, pour des raisons de vie privée.