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Académie Balzac : "C'est une aventure littéraire, autant qu'humaine"

Nicolas Gary - 17.10.2014

Edition - Société - Académie Balzac - défi littéraire internet - auteurs château écriture


La vie de château ? Pas vraiment. Pour que l'intendance fonctionne à plein régime, les équipes sont à pied d'œuvre dès 7 h 30. Quelques litres de café, la livraison matinale du pain frais, et les premiers auteurs émergent. Cette journée au sein de l'Académie Balzac n'avait rien de régulier – France 2 était de passage pour l'émission C'est au programme –, mais elle nous a permis de recueillir les sentiments de chacun, alors que le défi touche à sa fin.

 

 

Académie Balzac - Jour 17

Théophile, Daph Nobody et Michel Dansel

Académie Balzac, CC BY ND SA 

 

 

Michel Dansel, le directeur littéraire, dissimule une certaine émotion par un comportement cabotin : « Le livre est achevé, il lui manque encore un travail d'édition, mais ce n'était pas notre propos. Les auteurs ont réalisé ce pour quoi ils étaient venus : travailler à une œuvre, collectivement. Nous avons abouti à un polar de solide facture, dont personne ici n'a à rougir. » 

 

L'homme qui avait la responsabilité d'orchestrer l'ensemble de cette réalisation d'écriture n'a qu'un regret, celui d'avoir « assisté à des salves de pilonnage, de sous-mariniers extérieurs à l'Académie, qui n'ont eu de cesse que de porter d'idiotes attaques. Notre navire est solide, les auteurs sont soudés et nous irons droit ». Toute métaphore marine mise à part, il est évident qu'au fil des jours, et des éliminations, comme des départs, les dix derniers écrivains présents affichent une détermination solide.

 

Probablement ce qui a motivé plusieurs maisons d'édition parisiennes à manifester un certain intérêt pour le livre qui aboutira. « Nous avons été en relation avec quatre éditeurs, de belle envergure, qui souhaitent lire le texte », assure Henri Mojon, fondateur des Éditions du Net, la société à l'origine de l'Académie Balzac. « Mais bien entendu, nous n'en dévoilerons pas les noms. » Bien entendu. Et on le comprend : ce texte collectif, fruit de la collaboration de vingt personnes, passées à dix après les inévitables éliminatoires, et quelques départs personnels, représente une approche insolite. 

 

 

 

 

Le titre – provisoire – est désormais connu : Une tombe trop bien fleurie. « Nous n'avons pas de prétention à avoir réalisé une œuvre grande littérature. Nous avons la prétention d'y avoir participé avec enthousiasme, et sérieux. Notre groupe s'est consolidé, à mesure des départs, et nous avons su affronter ensemble la rédaction, les corrections, le resserrage du texte », explique Fredleborgne, participant à l'Académie.

 

Stéphanie renchérit : « C'est une aventure littéraire, certainement, autant qu'une aventure humaine. Cette vie, ces trois semaines dans le château, autour de l'écriture, nous ont apporté des rencontres, des conflits, des expériences particulièrement riches. » Et certainement, attiré l'attention de la presse. C'est ainsi que L'Équipe a décidé de faire un papier sur le jeune Théophile, amateur de ballon rond, probablement le plus sportif des auteurs présents. 

 

Dans quelques jours, l'aventure s'achèvera, chacun gardera un morceau de cette épreuve inédite, qui aura su jouer avec les clichés de la téléréalité, sans jamais s'y perdre. Du côté de la production, Emannuel Grancher, responsable des équipes de tournage, est soulagé, mais bouillonne d'idées nouvelles. « D'ordinaire, pour un pilote d'émission, on dispose d'une après-midi de tournage et d'enregistrement, pour aboutir à ce qui sera présenté au public. Cette première édition de l'Académie Balzac nous a donné l'occasion d'un pilote qui s'est prolongé durant trois semaines. Nous avons un regard clair sur les défauts d'organisations, et les points forts sur lesquels porter l'accent, à l'occasion d'une nouvelle saison. »

 

 

 
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La production en direct

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Pour les auteurs, l'aventure se terminera sur une note rassurante : le livre accompli, chacun part « avec une boîte à outils toute nouvelle », s'exclame Magali, également soucieuse de pouvoir enfin fondre sur une tablette de chocolat prochainement. Daph, auteur publié dans la collection Xprim des Éditions Sarbacane, retrouvera avec plaisir sa Belgique, heureux « des messages que nous avons pu recevoir, et du soutien qui est venu de l'extérieur ». 

 

"On a écrit que nous ne recueillerions pas plus de vingt candidatures pour ce projet, quand l'Académie fut présentée, en février. Nous avons enregistré plus de 610 inscriptions"

 

Finalement, l'Académie Balzac aura tenu parole : parvenir à l'écriture d'un livre, qui prend la forme d'un polar, en partant de vingt personnalités diverses, toutes réunies autour de cette passion pour l'écrit, l'expression. « Ce qui fut le plus complexe note Emmanuel Grancher, c'est ce regard en aller-retour permanent : les auteurs étaient filmés, et se retrouvaient en vidéo quelques minutes plus tard. Ils vivaient autant qu'ils observaient la vie de l'Académie, heure après heure. »  

 

L'année prochaine, peut-être avec un sponsor web spécifique, une nouvelle production pourrait voir le jour. Pour Henri Mojon, l'expérience reste une grande réussite : « On nous avait promis aux tourments de l'enfer, on a écrit que nous ne recueillerions pas plus de vingt candidatures quand l'Académie fut officialisée en février dernier. Nous avons enregistré plus de 610 inscriptions. La presse a salué, ou honni, notre audacieuse entreprise, mais c'est le Figaro nous a offert le plus beau compliment, en se demandant pourquoi nous avions mêlé la littérature à la téléréalité. Or, c'est déjà reconnaître qu'au sein de l'Académie, il s'agissait bien de littérature. »

 

ActuaLitté a pu parcourir les premières pages du roman, et une fois finalisé nous ne manquerons pas d'en proposer un extrait à découvrir pleinement. Si l'on ne parvient pas à ressentir un style individuel, du fait des efforts réalisés pour harmoniser le texte, l'écriture est plutôt fluide, et les personnages assez rapidement identifiés. L'histoire colle bien à ses intentions : aboutir à une œuvre de littérature populaire, facile à lire et divertissante. Il ne reste qu'à convaincre un éditeur. Le 24 octobre, en même temps que la Journée du Manuscrit francophonie, le livre sera officiellement remis aux membres du jury, Didier Ballot, Daniel Bontemps, et votre serviteur.

 

L'émission sur France 2, sera diffusée le 11 novembre prochain, dans C'est au programme.

 

 

 

 

 
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Et qu'advient il du château ? #academiebalzac

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