Accord Google/Hachette : Mitterrand, pédagogue heureux

Clément Solym - 27.11.2010

Edition - Société - mitterrand - google - hachette


Dès le lendemain de la signature de l'accord entre Hachette Livre et Google Books, le ministre de la Culture n'avait pas manqué de réagir. Et plutôt pour exprimer son mécontentement discret.

Pour mémoire, les deux sociétés se sont accordées sur un point : les ouvrages commercialement indisponibles, c'est-à-dire « définitivement épuisés et non en rupture de stock », comme le définit Hachette, pourront être numérisés par Google Books. Mais uniquement avec l'accord de l'éditeur et des auteurs consultés pour l'occasion. (notre actualitté)

Et, le ministre avait souligné combien cet accord se devait de respecter les principes essentiels et droits des uns et des autres. Et surtout ne pas marcher sur les platebandes du projet la gestion collective envisagée pour la numérisation d'oeuvres orphelines. Aucun problème, a dit Hachette, pour qui l'accord avec Google est tout simplement complémentaire. (notre actualitté)

En toute modestie, je n'y suis pas pour rien

Or, dans le JDD, le ministre revendique une fois de plus son indépendance d'esprit, assurant qu'il n'est pas là pour jouer à Astérix le Gaulois contre le méchant Google. « Je souhaite seulement que les méthodes parfois brutales du capitalisme soient modérées et adaptées au système économique et social français, différent du système américain. » Attendu que Google n'avait jusqu'à ce jour pas donné de garanties sur le respect du droit d'auteur, comme le procès intenté par La Martinière l'avait démontré, la réaction du ministre devait être en conséquence.

« Cela nuit à la protection des auteurs, aux éditeurs, au réseau des libraires… J’ai mené un important travail de pédagogie à l’égard de Google. Il a en partie fonctionné, dans la mesure où un accord respectueux du droit d’auteur a été signé avec Hachette, dont je salue le travail », conclut le ministre, pour qui la protection de la filière reste toujours une priorité.

Un accord commun, avant tout

Dans un courrier envoyé au président de Google, Eric Schmidt, Frédéric exprime également son souhait de « contribuer, en tant que ministre, à la création d’un accord-cadre respectant les droits de tous ». Et de souligner : « J’appelle de mes vœux un accord-cadre entre Google et tous les ayants droit français, afin que toute la profession soit placée sur un pied d’égalité : il ne s’agit pas d’être invité à rejoindre un accord, mais de le construire ensemble. »

Au cours des six prochains mois, qui serviront à l'établissement du texte définitif de l'accord, le ministre entend défendre les milliers de petits éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier directement avec Google. « Ce qui est une avancée pour les uns ne doit pas être perçu par les autres comme une source de division. »