Accusé par une autrice d'un viol commis en 1995, Donald Trump riposte

Nicolas Gary - 22.06.2019

Edition - Justice - Donald Trump - viol autrice - agression sexuelle


Depuis l’affaire Weinstein, qui a donné lieu à un mouvement de libération de la parole des femmes sexuellement agressées, à travers le monde entier, le mouvement #MeToo qui a suivi — plus efficace que le #BalanceTonPorc — a dévoilé des milliers de cas. Mais pour l’instant, aucun président en poste n’avait été à ce point incriminé : il fallait, de toute évidence, que cela tombe sur Donald Trump.

Donald Trump
Gage Skidmore, CC BY SA 2.0
 

E. Jean Carroll, aujourd’hui animatrice d’un talk-show, journaliste et autrice, spécialisée dans le life-style a affirmé ce vendredi que Donald Trump l’avait violée. L’affaire se serait passée dans un magasin de luxe de Manhattan, au milieu des années 90. Il s’agit là, clairement, de l’une des plus graves accusations d’agression sexuelle portée contre le président américain. 

Nuire à l'image du président

C’est dans un magazine new-yorkais que l’autrice a lancé cette bombe. Elle l’évoquait dans le cadre du livre qu’elle fait paraître, What Do We Need Men For ?. Aujourd’hui âgée de 75 ans, elle affirme qu’elle faisait ses courses chez Bergdorf Goodman quand, à l’automne 1995 ou au printemps 96, le viol a eu lieu. 

Trump s’était déjà vanté par le passé d’attraper les femmes par leur sexe, et l’on recense pas moins de 19 cas d’inconduite sexuelle ayant défrayé la chronique, depuis qu’il exerce son mandat. 

Mais si les accusations de harcèlement n’ont pas manqué, Donald Trump n’avait encore jamais été accusé de viol. Certes, Ivana, sa première épouse, avait prétendu qu’il l’avait violée, avant de revenir sur ses propos – elle n’entendait pas viol dans le sens criminel. Comprend qui peut.
 
Un porte-parole du président a immédiatement nié : « C’est une histoire totalement fausse et irréaliste, qui fait surface 25 ans après les faits prétendus, et qui a tout simplement été créée pour nuire à l’image du président. » Une réponse tout à fait circonstanciée et attendue.

Un violent traumatisme

À l’époque des faits auxquels fait référence Carroll, Trump était un véritable magnat de l’immobilier à Manhattan — et s’était remarié avec l’actrice Marla Mpales. Dans la version de Carroll, il l’aurait alors abordée dans la boutique en lui demandant de prodiguer quelques conseils pour faire un cadeau à une fille. 

Elle aurait alors été enchantée de la demande, passant au crible la boutique, avant que Trump ne suggère d’aller voir le rayon lingerie. C’est alors un body transparent couleur lilas que Carroll repère. Et Trump de lui demander alors de l’essayer. C’est au moment de l’essayage dans une cabine que le viol serait survenu : elle évoque alors « une lutte colossale », pour tenter de se dégager de l’étreinte de Trump, qui serait malgré tout parvenu à la pénétrer. 

Trois minutes d’enfer, dont elle parvient malgré tout à s’échapper. Seules deux amies auraient été mises dans la confidence — et ont toutes deux corroboré les propos de Carroll. Depuis cet épisode, l’autrice affirme également n’avoir « jamais plus couché avec quiconque ».

La stratégie du démenti officiel

Outre l’intervention d’un porte-parole, un communiqué de presse officiel a été dégainé par la Maison-Blanche pour nier et démentir formellement les propos de Carroll. Attendu qu’elle n’avait alors pas prévenu la police et qu’il n’existe aucune preuve de cette agression — pas de vidéo conservée — l’affaire sera complexe.

Dans son communiqué, le président assure n’avoir « jamais rencontré cette personne de ma vie », bien qu’une photo les présentant ensemble ait été diffusée. Il tente également de décrédibiliser l’histoire, soulignant qu’aucun vendeur ni vendeuse n’était présent dans ce que raconte l’autrice. 

Mais c’est surtout en se positionnant comme victime qu’il joue le tour de force : « Les fausses accusations réduisent la gravité des agressions réelles. Tout le monde devrait condamner les fausses accusations et toute agression réelle serait condamnée avec plus de fermeté. »

Il va d’ailleurs plus loin dans l’insinuation, en demandant que quiconque dispose d’informations démontrant que le parti démocrate travaille avec Carroll ou le New York Magazine, qui a publié l’information, se manifeste le plus rapidement possible. 

Et de menacer, à demi-mot : « C’est une honte, et les gens devraient payer chèrement pour de pareilles fausses accusations. » Etonnament, aucun tweet du compte du POTUS n'évoque l'affaire, lui qui affectionne tant cet outil de propagande.

Dont acte…


Commentaires
Tout monre que la personne qui a écrit ce compte-rendu de l'agression sexuelle perpétrée par T. sur la personne de Jean Caroll est mal informée car elle laisse la place au doute sur ce qui a pu arriver alors que cet 'incident'colle parfaitement avec ce que T. a dit comment il s'y prenait avec les femmes qui lui plaisaient. Je fais référence à l'INFAMOUS "grabe THEM by the P...!". Un homme qui a été accusé par bcp d'autres femmes d''agression ne devrait donc pas être présenté dans une logique où ce que dit l'accusatruce peut être mis en doute ou comme une simple attaque politiquement motivée des Démocrates.
Et la présomption d'innocence, vous connaissez ? Le principe d'un procès juste et équitable pour chacun, quels que soient les faits qui lui sont reprochés ? Le "tout montre", les fanfaronnades "grabe them by the p...." ne sont pas des preuves. Je suis tout à fait convaincu qu'il est coupable mais le site AL est dans son rôle d'informateur objectif en faisant un article au conditionnel.
shut eyeTrump capable du pire
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