Achab et Moby Dick, symboles de la vengeance perpétuelle

Clément Solym - 15.11.2013

Edition - Société - Moby Dick - Achab - Herman Melville


Raté de peu, mais le livre mérite que l'on se rattrape : le 14 novembre 1851 était publié l'histoire passionnelle la plus maritime jamais écrite. Un grand cachalot blanc et le despotique capitaine du Pequod, Achab, liés par un désir de vengeance. Bref, Moby Dick est éternel, et son anniversaire devrait nous le rappeler. 

 

 

 

 

Classique de la littérature américaine, devenu un classique universel, Moby Dick a 162 ans depuis hier, et raconte l'expérience même d'Herman Melville, qui fut marin. Si la rédaction du livre fut attaquée en 1850, il fallut une longue année pour que le romancier parvienne à clore cette aventure. D'ailleurs, c'est à Londres que le roman parut en premier sous le nom The Whale, en octobre 1851. Un titre que n'avait pas choisi Melville. Seule l'édition américaine, un mois plus tard, lui rendra justice, avec le titre premier, Moby Dick.

 

Inspiré de faits réels, sur lesquels Melville a bâti son oeuvre, Moby Dick aurait un ancêtre, une baleine blanche, découverte vers 1830 près de l'île chilienne de Mocha. Elle fut alors baptisée Mocha Dick, comme c'était le cas : les cachalots que les marins poursuivaient étaient tous gratifiés d'un nom. En parallèle, un baleinier, l'Essex, sombra en 1820 après une rencontre avec un grand cachalot blanc, à près de 4000 km des côtes de l'Amérique du Sud. Le seul survivant, Owen Chase, coucha sur le papier son récit.  

Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années – peu importe combien – le porte-monnaie vide ou presque, rien ne me retenant à terre, je songeai à naviguer un peu et à voir l'étendue liquide du globe. C'est une méthode à moi pour secouer la mélancolie et rajeunir le sang. Quand je sens s'abaisser le coin de mes lèvres, quand s'installe en mon âme le crachin d'un humide novembre, quand je me surprends à faire halte devant l'échoppe du fabricant de cercueils et à emboîter le pas à tout enterrement que je croise, et, plus particulièrement, lorsque mon hypocondrie me tient si fortement que je dois faire appel à tout mon sens moral pour me retenir de me ruer délibérément dans la rue, afin d'arracher systématiquement à tout un chacun son chapeau... alors, j'estime qu'il est grand temps pour moi de prendre la mer. Cela me tient lieu de balle et de pistolet.

 

L'illustration présente la liste des marins emportés sur l'Acushnet, en décembre 1840. Un navire sur lequel le romancier s'embarqua...

 

via Archives Gov