Acharnement vaudou contre la poupée : Sarkozy en appel

Clément Solym - 30.10.2008

Edition - Justice - appel - sarkozy - poupée


Le chef de l'État est décidé à empêcher les citoyens de se jouer de lui, ou même de jouer avec lui à la poupée, puisque suite au jugement rendu hier, l'avocat de Nicolas Sarkozy a décidé de faire appel. « J'ai estimé, après avoir pris connaissance de ce jugement, que la décision n'était pas conforme à la jurisprudence », lance-t-il pour justifier l'acharnement présidentiel contre ce qui n'aurait pu être qu'une simple blague un peu potache.

Ces poupées, puisqu'il en existe également une à l'effigie de Ségolène Royal, sont vendues avec des aiguilles pour conjurer les mauvaises actions du président. Mais Me Thierry Herzog estime que les indications données dans le jugement sont « étrangères au droit à l'image ».

Selon le tribunal ces figurines ne représentaient pourtant « ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle, et qu'elle s'inscrivait dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour ».

Au-delà de la déconfiture dans laquelle patauge désormais l'Élysée, qui vient vraiment de s'embourber pour pas cher dans une procédure stérile, c'est à présent à qui cédera le premier. Et pour Me Herzog, cette dernière ne rentre pas dans le cadre de la caricature. « Le droit à l'humour existe en matière de diffamation, mais pas en matière de droit à l'image », or c'est bien de cela qu'il s'agit selon l'avocat.

Alors oeuvre de l'esprit ou véritable atteinte ? On attend la suite