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"Acheter des livres, c'est aussi un geste politique"

Clément Solym - 27.09.2012

Edition - Librairies - librairie - commerce de proximité - internet


Alors que plusieurs établissements, un peu partout dans le pays, souffrent d'une situation économique fragile, c'est vers la vente de livres sur internet que l'on se tourne pour trouver un coupable. À ce titre, le vendeur en libre LaLibrairie tord le cou à quelques idées reçues. 

 

 

 

 

Le groupe Actissia a dernièrement annoncé sa stratégie : vendre les établissements aux directeurs actuels, pour réaliser des opérations financières, visant à offrir une semie-indépendance aux librairies. (voir notre actualitté) Mais la situation économique n'en reste pas moins le nerf de la guerre, et la fermeture des salles de vente en province montre combien la librairie est fragile. Alors, la faute à internet ? LaLibraire.com tente de démontrer que pas du tout. 

 

En effet, le site rappelle, à l'occasion de la rentrée, qu'il est aujourd'hui le seul à permettre tout à la fois l'achat sur Internet, mais également de préserver « le tissu économique local et en favorisant le commerce de proximité ». Avec un catalogue de 800.000 titres, la commande et le paiement se font bien en ligne, mais il est possible de retirer l'ouvrage acheté dans une librairie partenaire, proche de chez soi. 

 

Renny Aupetit, directeur associé, explique que LaLibrairie.com découle de l'ensemble de l'engagement des partenaires réunis autour du réseau Librest, regroupant les libraires de l'est parisien. « Acheter un livre, c'est aussi un geste politique. Nos commerces de proximité contribuent par ailleurs à l'aménagement culturel du territoire en favorisant l'animation des quartiers. »

 

Et dans son communiqué, LaLibrairie ajoute que « concilier enfin commande en ligne et commerce de proximité c'est préserver l'écosystème du livre». Or, ces questions avaient été clairement soulevées, avec la visite d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, à Chalon, pour l'ouverture du nouveau centre d'Amazon. 

 

L'affaire Amazon et les emplois de libraires fictifs

 

L'entrepôt, pardon, le « centre de distribution » de Chalon, c'est l'équivalent de 15 terrains de foot… soit 40.000 m², pour ceux qui n'auraient pas le sens des proportions. Un centre qui alimentera la France, l'Europe, mais aussi le monde en commandes empaquetées. Et, pour la Bourgogne, ce sont 1000 emplois à la clé, d'ici la fin de l'année. Frédéric Duval ne sera pas très prolixe sur la composition de ce millier de postes : il répète à l'envi les « 34 managers », ni plus, ni moins, mais passe rapidement sur les statuts des autres employés, des « magasiniers » aux « préparateurs de commande ». D'après les révélations du maire de Chalon, 350 CDI auraient été garantis par Amazon, sans qu'il soit possible d'obtenir un quelconque délai. (voir notre actualitté)

 

Une provocation, avait estimé le Syndicat de la Librairie française, qui dégainé alors les chiffres catastrophiques, rappelant que « face aux 150 à 250 emplois permanents réellement créés par Amazon, la vente de livres génère en France plus de 20 000 emplois, dont 14 000 dans les seules librairies indépendantes (rapport de branche 2011 I+C) ». Et qui plus est, la librairie indépendante « représente une activité qui génère deux fois plus d'emplois que dans les grandes surfaces culturelles, trois fois plus que dans la grande distribution et, selon les chiffres de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), 18 fois plus que dans le secteur de la vente en ligne »

 

Dans ce contexte, LaLibrairie, est une incitation, bien entendu, à passer par un service qui ne détruit pas des postes de libraires dans les boutiques, tout en assurant un service de vente sur internet. Une responsabilité socialie, mêlant tout à la fois une adéquation entre les ordinateurs et l'un des 700 « point libraire » qui permettent de retirer ses ouvrages. La livraison est d'ailleurs gratuite et rapide (sous 24 à 48h).