Acheter l'imprimé, lire en audio et en numérique : Nathan dévoile Court Toujours

Antoine Oury - 03.09.2020

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La maison d'édition Nathan publie aujourd'hui les six premiers ouvrages de sa collection Court Toujours, pensée pour s'adresser aux « décrocheurs », ceux et celles qui ont abandonné la lecture par manque de temps ou d'intérêt. Des textes courts et rythmés, vendus à un prix modique, avec un argument supplémentaire : l'achat du livre imprimé donne accès aux versions audio et numérique du texte.



Ce jeudi 3 septembre, les éditions Nathan publient les six romans inauguraux de leur collection Court Toujours, avec en tête un public jeune, notamment ceux ayant abandonné la lecture de fiction. « Nous avions envie de toucher les non-lecteurs, ceux que l'on appelle parfois les “décrocheurs”, qui regardent Netflix et ne lisent plus trop », nous explique Mélanie Decourt, responsable éditoriale.

« L'idée derrière la collection m'est venue il y a un an et demi environ, après avoir entendu un reportage sur le succès des short stories dans le monde anglo-saxon. Je me suis dit que ce type de textes manquait chez nous. » Conseillés pour les 15-25 ans, un public très attiré par la production audiovisuelle disponible sur YouTube et autres réseaux sociaux, les livres de la collection Court Toujours sont courts (64 pages) et se veulent efficaces, sans pour autant renier une exigence qualitative.

« Ce n'est pas parce qu'on s'adresse aussi à des personnes qui lisent moins ou ne lisent plus que cela doit être moins bien, au contraire, même », souligne Mélanie Decourt, directrice éditoriale du secteur Fiction chez Nathan. Pour les 6 premiers ouvrages, 6 auteurs ont été sollicités, dont « des piliers de catalogue » de la maison : « Les auteurs ont tout de suite été prévenus du fait que les textes devaient être lus en moins d'une heure, pour environ 50.000 signes. Mais les auteurs sont venus avec leurs personnages, sans obligation si ce n'est une certaine accessibilité narrative. »

À l'arrivée, les 6 premiers romans de la collection sont autant de récits initiatiques, évoquant le tournant dans la vie d'un adolescent ou d'un jeune adulte, signés par Fabrice Colin, Florence Hinckel, Vincent Cuvellier, Rachel Corenblit, Gaël Aymon et Séverine Vidal. Dès janvier 2021, d'autres titres sont d'ores et déjà prévus au sein de la collection Court Toujours.
 

« L'idée reste de lire comme on le souhaite »


L'aspect concis des romans n'est pas la seule approche destinée à convaincre les lecteurs mise en œuvre par Nathan : la maison d'édition propose en effet les versions audio (autour d'une heure chacune) et numérique pour accompagner le livre imprimé sans frais supplémentaire. Trois formats à disposition, à condition d'acheter la version imprimée pour 8 €, « une porte d'entrée que nous avons souhaité conserver, pour laisser les librairies et bibliothèques au centre du dispositif ». En conséquence, l'audio et le numérique ne seront pas accessibles autrement que par la version imprimée.

Pour accéder à ces autres formats des textes, les lecteurs n'auront qu'à « flasher » une image imprimée dans le livre imprimé, à l'aide d'un smartphone ou d'une tablette et de l'application Nathan Live. « L'idée de l'accessibilité, de pouvoir lire partout et comme on le souhaite, est centrale. On dit au lecteur : “Tu lis comme tu veux, un format n'est pas moins bien qu'un autre” », affirme Mélanie Decourt.

Une évidence qui n'est pas si répandue dans le milieu de l'édition française « traditionnelle », où le livre numérique souffre encore de choix commerciaux discutables, avec un prix de vente souvent plus élevé qu'un même texte en version poche. 

« Il suffit de prendre les transports pour voir que tout le monde lit sur son téléphone, et les usages de l'ebook et de l'audio sont développés chez les jeunes. Le smartphone est finalement un outil qui est au cœur de nos usages à tous. Court Toujours est une littérature qui s'adapte aux pratiques d'une génération, et non l'inverse. C'est à nous, éditeurs, de nous mettre au diapason de ces pratiques, d'être au niveau de nos lecteurs », explique l'éditrice.

Pour les auteurs, la présence de trois versions en une n'a pas fondamentalement changé le contrat d'édition, même si l'idée d'une mise en audio était présente dès l'écriture.
 
Les versions numérique et audio seront accessibles uniquement sur l'application Nathan Live, pour smartphone et tablette, et nécessiteront une connexion internet pour être lues et écoutées. La récupération des versions audio et numérique n'est pas encore accessible et constitue « un développement à envisager » pour la maison, mais leur présence est un pas de plus vers des textes plus accessibles dès leur parution.

« La version papier est “dysfriendly” : nous avons utilisé notre expertise pour nos collections Dyscool pour ces livres (papier ivoire, typo spécifique, travail sur l'espace entre les lettres, les mots et les lignes, etc.) La version audio permet l'accès au roman hyper facilement pour les dys, mais aussi les gens en difficulté de lecture et les malvoyants », assure ainsi Mélanie Decourt.

Photographie : les 6 premiers romans de la collection Court Toujours


Commentaires
Votre titre me paraît particulièrement comique (sauf votre respect).

Si je ne me trompe, il existe en français un verbe pour signifier "lire en audio" : en général, on utilise le verbe "écouter".

D'autre part, que fera le "lectorat" audio et numérique de "l'imprimé acheté" ? Il faudra s'en débarrasser après avoir eu accès aux versions audio et numérique ou bien aura-t-on aussi le droit de le lire (si toutefois le mot est encore autorisé pour ce genre d'occupation) ?
Bonjour à tous,

Je dis bravo à cette maison d'édition qui présente une vraie innovation issue de l'observation des comportements des (non) lecteurs, avec une vraie prise de risque. J'espère que la réussite sera au rendez-vous.
On n’écope pas un bateau qui coule avec une petite cuillère...

On ne récupérera pas des ados qui ne lisent pas avec ce genre de truc. Qui a envie d'acheter un bouquin avec une couverture digne d'un enfant de maternelle ?

Posez-vous la question de pourquoi les ados ne lisent plus ? Regardez ce qu'on leur met sous le nez depuis l'âge de 4 ans ? Pour garder une envie de lire, il faut vraiment des « jeunes » exceptionnels.

Si j'avais été gamin aujourd'hui, je ferais comme eux : je me tournerais vers les jeux vidéo, le seul domaine qui fait RÊVER : de BEAUX graphiques (la seule limitation est la puissance des processeurs graphiques, pas l'imagination des concepteurs et des graphistes), un rythme haletant, une identification possible à TOUS les joueurs...

Qu'a-t-on en face ? des sujets chiants et politisés (racisme, LGBT, maladies, divorce) qui cultivent au mieux le nombrilisme absolu sans aucune possibilité d'identification... La perversion est si grande que pour rattraper l'identification, on va essayer de coller des garçons et des filles (tant que c'est encore autorisé) pour faire une sorte de racolage de dernier moment.

Enfin, l'abêtissement final a sa touche ultime avec l'aspect littéraire, définitivement enterré. Plus de « mots compliqués », plus de passé-simple (et ne parlons pas du subjonctif ) : un seul mot d'ordre : tout doit être ludique pour ne pas faire fuir le lecteur... qui n'existe pas.

Des adultes pas très bien équilibrés décident de ce que doit être la lecture pour les enfants : un univers morbide et insipide. Un scénario qui s’efface devant le sujet. Et après, on vient s'étonner que les ados ne lisent pas ?

Quand la littérature jeunesse retrouvera ses racines (aventures, rêves, qualités littéraires), on créera une nouvelle génération de lecteurs. Les autres sont perdus aujourd'hui. Où gagnés pour les jeux vidéo, le seul véritable vecteur de rêves et d'envie aujourd'hui.

À qui la faute ?
Je croyais qu'on n'avait pas le droit d'offrir un ebook en plus de la version papier ou inversement ?...
Coule me fait de la peine et hargneux avec ça! J'ai récupéré des décrocheurs ou petits lecteurs avec des versions audio et je trouve plutôt sympa l'initiative de Nathan mais je ne me prononcerai que lorsque je l'aurai expérimenté sur moi-même puis sur un jeune public.
Article intéressant, mais la responsable éditoriale n'a pas compris que "short stories" signifie "nouvelles"... et qu'elles sont généralement publiées en recueils. En outre, pas très populaires outre-Manche auprès des adolescents. Rien à voir avec ce que les Anglais appellent "novella", qui désigne un court roman (souvent pour adultes).



Bref, la qualité littéraire est peut-être au rendez-vous, mais j'espère juste qu'ils ne prennent pas trop les jeunes pour des débiles.



Une libraire écossaise
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