Adapter le prix des livres aux moyens des consommateurs

Clément Solym - 16.09.2011

Edition - Economie - territoire - prix - livres


Avec ce type de déclaration, les libraires de France doivent se sentir soulagés d'être à l'abri derrière la loi Lang sur le prix unique. Et les éditeurs de même. On comprend d'ailleurs assez mal l'intention de Waterstne's, la chaîne de libraires anglais...

L'idée serait donc simple : adapter le prix de vente des livres, en fonction de la population locale - en prenant donc les rapports socio-économiques en compte - pour être plus raccords avec les moyens des uns et des autres.

James Daunt, actuellement à la direction de la chaîne expliquait son projet, basé par exemple sur une offre deux livres achetés, le troisième offert.

Elle avait pour mission d'être effectivement plus raccord avec le public, qui n'est pas le même, et ne dispose pas des mêmes budgets à investir, selon sa situation géographique.

Une solution qui serait en discussion avec les éditeurs du pays, simplement évoquée, et absolument pas validée par les intéressés.

Mais comment le public recevrait-il cette décision ? Un sentiment insultant pour les plus pauvres, traités avec condescendance ? Ou une levée de boucliers des plus aisés, refusant d'être ponctionnés plus que les autres ?

C'est que certains ne manquent pas de pointer l'écueil d'une telle décision. Évidemment, les établissements aux tarifs plus élevés se verraient facilement désertés, au profit de ceux pratiquant des réductions plus importantes. Un peu sur le modèle des discounters en grandes surfaces.

Un trajet en voiture, ou transport en commun, pour s'économiser des dizaines de livres sterling, et acheter trois ou quatre fois plus de bouquins... cela ne semble pas tenable.

De quoi convaincre les accros d'entamer un pèlerinage régulier vers les librairies les moins chères, au détriment des autres.