Adapter les livres en films : le cinéma amène-t-il à la lecture ?

Cécile Mazin - 27.02.2017

Edition - Société - cinéma lecture livres - adaptation lecteur cinéma - cinéma livres


Si la littérature ne manque pas de ressources pour inspirer au cinéma de grande productions, que pensent les lecteurs de ce lien ? Est-il possible que les adaptations incitent les enfants à découvrir les œuvres originales ? Le réseau de lecteurs Babelio a mené l’enquête et propose les résultats d’une étude menée auprès de ses membres.

 

Cinéma du Panthéon, Paris

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Des écrans aux livres : 32 % des répondants estime que les adaptations amènent à a lecture, mais dans l’ensemble un manque de communication se constate. Si pour les dernières sorties ciné, les lecteurs sont relativement avertis – et encore – tous ne savent pas nécessairement qu’un film est tiré d’un livre. Mad Max, par exemple, est celui qui a laissé le plus dubitatif : 18 % des répondants connaissaient l’existence du livre.

 

En revanche, les lecteurs sont des gens fidèles : 90 % d’entre eux sont allés voir le film après avoir lu le livre. Bien entendu, Harry Potter, Hunger Games et Le Seigneur des Anneaux sont parmi les sorties les plus plébiscitées. On retrouve assez facilement le lien entre succès de librairie et adaptation : un ouvrage qui marche attire l’attention des studios de production, assez facilement.

 

“La littérature reste un puissant creuset d’inspiration“ pour les séries

 

Mais alors, qu’en est-il de cette passerelle entre l’audiovisuel et le livre ? 68 % des lecteurs ont lu un livre après avoir apprécié le film – et 29 % l’ont lu, sans pour autant avoir savouré leur séance. En revanche, 76 % vont prendre le temps de lire avant d’aller au cinéma.

 

Massivement, les lecteurs estiment que polar et thriller sont les genres les plus propices à une adaptation, puis l’historique/biographique et enfin l’imaginaire (SF, fantasy, ou fantastique).

 

L’exigence des grands lecteurs est en revanche forte : ils préfèrent majoritairement les couvertures choisies par l’éditeur plutôt que l’affiche du film réutilisée pour accompagner la sortie au cinéma. Si les maisons cherchent par là à toucher un plus grand public, grâce aux massives campagnes publicitaires, le lecteur, lui, reste circonspect.

 

Quelques contre-exemples interviennent toutefois – c’est le cas pour le Cosmopolis de Don DeLillo, ou encore le Long dimanche de fiançailles de Sébastioen Japrisot.

 

Salon des lieux de tournage : Donner aux livres la possibilité de devenir des films

 

Reste alors une constante : modifier ou ne pas modifier le titre original ? Les avis divergent. En règle générale, « les lecteurs apprécient le fait que l’affiche mentionne le titre du livre dont le film est adapté : cela attise leur curiosité ».