Affaire Banon : pas de garde à vue pour DSK, entendu ce matin

Clément Solym - 12.09.2011

Edition - Justice - banon - dsk - tentative


Cela fait tout juste une semaine que l'ex-président du FMI nous est revenu de son séjour prolongé et forcé aux États-Unis. Mais foin de la tranquillité escomptée, il a très vite été replongé dans les tracasseries judiciaires.

En effet, si l'affaire qui l'occupait à New York s'est achevée sur un grand rien, Dominique Strauss-Khan a aujourd'hui été entendu par les policiers, suite aux accusations portées par la romancière Tristane Banon. Cette dernière a porté plainte pour tentatives de viol, rien que ça.

Reçu à la Brigade de répression de la délinquance à la personne vers 8 h, DSK est sorti de ce rendez-vous trois heures plus tard, mais n'a pas été placé en garde à vue. C'est à sa propre demande, souligne son avocat, Me Henri Leclerc. « À la demande [de son client], cette audition a eu lieu aussitôt que possible au regard du calendrier de l'enquête », précise-t-il.

La plainte de Tristane Banon remonte à début juillet. Selon elle, l'homme politique aurait tenté d'abuser d'elle, à l'occasion d'un rendez-vous pris dans un appartement parisien, en 2003. Cet entretien devait logiquement aborder un projet éditorial.

La jeune femme a par la suite travaillé comme directrice de collection aux éditions du Cherche-Midi, occasionnant un nouveau petit problème. (voir notre actualitté)

Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, s'est fendu d'un bref commentaire, rapporte l'AFP. Considérant que les socialistes se consacraient actuellement à la primaire, et que DSK avait, grosso modo, d'autres chats à fouetter, il explique : « Pour lui, j'espère qu'il en sorte au plus vite. »

Des conclusions de l'enquête préliminaire, dépendra l'ouverture d'une information judiciaire, ou d'un classement sans suite de l'histoire. Il est également possible que le parquet envisage que les faits soient prescrits.

Pour sa part, la romancière a publié sur Facebook un message désabusé. « Je ne peux pas croire que mon pays accueille en héros un homme qui n'a pas été blanchi. » Et d'ajouter : « J'entends les gens me dire leur écoeurement, j'avale leur soutien pour tenir debout et pourtant c'est moi qui baisse la tête et longe les murs quand d'autres sourient aux caméras. »