Affaire Gui Minhai : l’ex-ambassadrice de Suède inculpée

Diane De Vanssay De Blavous - 09.05.2019

Edition - International - gui minhai arrestation - suède chine - anna lindstedt


Un nouvel événement vient s’ajouter à la tumultueuse affaire Gui Minhai, cet éditeur et libraire suédois emprisonné en Chine depuis 2015 pour diffamation et moqueries irrespectueuses envers le pouvoir chinois. L’ex-ambassadrice de Suède, Anna Lindstedt, a été inculpée pour avoir tenté de négocier avec de mystérieux intermédiaires chinois la libération de Gui Minhai, sans en avertir les autorités compétentes dans son pays. 



Arrêté en 2015, Gui Minhai était connu pour diriger une maison d’édition hongkongaise spécialisée dans les ouvrages rapportant des ragots sulfureux sur la vie privée des leaders du Parti communiste chinois. Intercepté lors de vacances en Thaïlande, il serait désormais détenu dans une résidence sous surveillance à Shanghaï.  

Si l’affaire témoigne de l’ambition de Pékin de faire taire les voix discordantes au sein de la République Populaire de Chine, et ce même dans l’ancienne colonie britannique qu’est Hong-kong (rétrocédée en 1997), et constitue un enjeu national, elle devient un noeud de discorde diplomatique entre la Chine et la Suède et fait naître de vives tensions. 

En janvier dernier, l’ex-ambassadrice Anna Lindstedt, alors encore en poste à Pékin, était soupçonnée d’avoir organisé une rencontre à Stockholm entre des « hommes d’affaires », dont on ne sait rien de plus si ce n’est qu’ils sont rapportés comme influents et ayant des contacts avec le pouvoir chinois, et la fille de l’éditeur Angela Gui. Anna Lindstedt semble avoir organisé cette rencontre de manière officieuse, sans en informer la chancellerie ce qui s’avère être une pratique illégale, passible de dix ans de prison. L’agence suédoise du renseignement intérieur (la Säpo) avait alors ouvert en février une enquête préliminaire pour « négociations arbitraires avec une puissance étrangère ».

Lors de cette rencontre clandestine, les hommes d’affaires chinois en présence auraient fait pression sur la fille de l’éditeur, très active dans les médias pour demander la libération de son père. Ils lui auraient demandé de ne pas faire de vague et auraient assuré pouvoir faire libérer Gui Minhai. 

D’après l’AFP, l’enquête et les accusations portées sur Anna Lindstedt pour trafic d’influence ont abouti à son inculpation. Pour autant, peu d’informations ont été dévoilées à ce sujet puisque son avocat n’était pas joignable ce jeudi matin. Le procureur Hans Ihrman, en charge de l’instruction, a simplement indiqué avoir notifié Anna Lindstedt de sa situation, lors d’une intervention à la radio publique suédoise, ce jeudi. 

La révélation de cette diplomatie par arrangements à l'amiable ébranle profondément les relations entre la Suède et la Chine. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le torchon brûle entre les deux pays en raison de l’affaire Gui Minhai. Déjà en 2018, l’éditeur avait été enlevé manu militari par une dizaine d’hommes alors qu’il était accompagné par des dignitaires suédois pour passer une série d’examens médicaux (il souffrirait en effet de la maladie de Charcot).

Via AFP


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