Affaire Gui Minhai : une lettre ouverte exige la libération du libraire suédois

Camille Cado - 21.02.2020

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Arrêté en 2015 par le gouvernement chinois, Gui Minhai a depuis été brièvement relâché, avant d'être de nouveau incarcéré en 2018 alors qu'il se rendait à Pékin pour des examens médicaux. Publié ce jeudi 20 février 2020 dans les plus grands journaux de Suède, une lettre ouverte réclame la libération immédiate de l'éditeur et librairie suédois d'origine chinoise.



Créateur de la maison d'édition Mighty Current, connue pour être critique vis-à-vis du pouvoir chinois, Gui Minhai a été enlevé en 2015 lors d'un voyage en Thaïlande en compagnie d'autres éditeurs et libraires. Alors que ces derniers ont été relâchés, Gui Minhai est toujours détenu par les autorités chinoises, et ce, malgré une courte libération en 2018. L'éditeur avait finalement été replacé en détention presque immédiatement, alors qu'il était à bord d'un train pour Pékin afin de passer des examens médicaux.

Si les raisons de ses arrestations restent indéterminées, nul doute qu'elles ont un lien avec ses activités de libraire ou d'éditeur, très mal vues par le pouvoir chinois. L'affaire a mobilisé les médias du monde entier, condamnant notamment le gouvernement de Xi Jinping pour avoir bafoué les droits de la liberté d'expression, ainsi que le manque d'action de la Suède. 

La lettre ouverte a été initiée par le PEN suédois, l'Association des éditeurs suédois, l'Association des écrivains de Suède ainsi que l'Union suédoise des journalistes. Elle a été publiée dans les six plus grands journaux du pays : Dagens Nyheter, Svenska Dagbladet, Expressen, Aftonbladet, Göteborgs-Posten et Sydsvenskan-HD.

Adressée au président chinois Xi Jinping, elle réclame la libération immédiate de Gui Minhai ainsi que le respect des droits de l'homme concernant la personne du libraire et éditeur suédois, rappelant qu'il n'a pas eu droit à un avocat. 
 

L'ambassadeur de la Chine en Suède vivement critiqué


Le courrier exige également que l'ambassadeur de la République populaire de Chine en Suède, Gui Congyou, cesse « d'insulter » et de « menacer » les citoyens qui critiquent la Chine et/ou qui se rangent du côté de Gui Minhai.

« De nombreux journalistes, rédacteurs en chef, éditeurs, mais aussi hommes et femmes politiques, organisations et chercheurs suédois ont été victimes de harcèlement de la part de cette ambassade. [...] Lorsque le PEN suédois a décerné le prix Tucholsky à Gui Minhai en novembre 2019, Gui Congyou a menacé l'organisation. [...] Alors qu'Amanda Lind, ministre suédoise de la Culture, avait l'intention de remettre le prix, l'ambassadeur a également tenté de l'intimider, affirmant qu'elle ne serait plus la bienvenue en Chine » apprend-on. 
 
« La Suède est une démocratie, ce qui signifie que la Suède dispose d'une liberté d'expression. Nous défendons cette liberté, en refusant que les diplomates étrangers insultent ou menacent de faire taire qui que ce soit. Les signataires s'adjoignent à nous pour défendre les droits démocratiques de nos citoyens » conclut le courrier. 

Pour le moment, la lettre a récolté une trentaine de signatures de personnalités. À la fin de la campagne, elle sera remise à l'ambassade de Chine située à Stockholm.

Il est possible de la lire dans son intégralité sur le site du PEN suédois


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