Affaire Matzneff : Beigbeder et Ardisson mis en cause dans une archive vidéo 

Camille Cado - 21.02.2020

Edition - Société - affaire matzneff pedophilie - matzneff beigbeder - video matzneff


Posté sur le réseau social Twitter le 19 février 2020, cet extrait de l'émission Paris Dernière datant de 1995 ne cesse d'agiter la toile. Et pour cause, cette archive dévoile Thierry Ardisson, Frédéric Beigbeder et Gabriel Matzneff s'amusant des relations que l'auteur de Seraphin, c'est la fin ! pouvait entretenir avec « une gamine de douze ans et demi ».


capture d'écran
 

Depuis le début du mois de janvier 2020, Gabriel Matzneff âgé de 83 ans fait l'objet d'une enquête pour viols sur mineur. Alors qu'un procès s'est récemment ouvert, une archive vidéo vient de resurgir. Scandalisés, beaucoup d'utilisateurs ont tenu à repartager la vidéo, pointant l'attitude des deux écrivains français et du présentateur de l'émission. 

Pour rappel, Paris Dernière est une émission créée, produite et animée à ses débuts par Thierry Ardisson. Diffusée entre 1995 et 2016 et filmé en caméra subjective, elle consistait en une visite nocturne de différents lieux de Paris, le tout, accompagnée de plusieurs personnalités. 

Dans cette extrait de 25 secondes, on retrouve Frédéric Beigbeder et Gabriel Matzneff attablés, accompagnés de Thierry Ardisson derrière la caméra. Alors que le présentateur demande à l'auteur d'Un roman français ce qu'ils vont bien pouvoir faire ce soir, la conversation tourne vite aux blagues graveleuses...
 
 
« On va coucher Gabriel avec une gamine de douze ans et demi et nous on va aller voir des putes de 62 ans » propose Thierry Ardisson. « Pourquoi on ne ferait pas l'inverse ?  » réplique Frédéric Beigbeger en riant. « Pour une fois !  » reprend à son tour Gabriel Matzneff, visiblement amusé. « On devrait intervertir, nous avec des gamines de 12 ans et demi et lui il irait avec des prostituées » assure une nouvelle fois le présentateur. 

The Huffington Post a dévoilé une autre archive où l'on retrouve nos trois protagonistes. Il s'agit d'un extrait de 93 Faubourg Saint Honoré, autre émission de Thierry Ardisson, datant de mai 2005.
 


Ce n'est pas la première fois que Beigbeder se retrouve lié au nom de Gabriel Matzneff. Dans un article publié dans Le Point au début du mois de janvier 2020, il avait affirmé préserver une amitié avec un « indéfendable » même s'il assurait être « sans ambiguïté dans le camp de Vanessa Springora ». « J’ai peur qu’il se suicide et je n’ai pas envie de m’acharner sur un homme déjà cloué au pilori » s'était-il justifié.

Au micro d'Europe 1, il avait également affirmé se sentir « horriblement coupable ». « C'est extrêmement troublant de se dire que l’on avait la version de Gabriel Matzneff dans cette histoire et que, là, on a une autre version, qui souligne un traumatisme de plusieurs décennies » avait-il expliqué. 

Quant à Thierry Ardisson, il a réinvité Gabriel Matzneff à plusieurs reprises. Sur son plateau, l'auteur français avait même évoqué la relation qu'il avait entretenue avec une certaine Vanessa, âgée de 14 ans. « Une passion » déclairait-il assez tranquillement, sans qu'aucune personne manifeste son étonnement.

 

Mise à jour 22/02 - 19 h :


Il aura fallu moins de 24 heures à Frédéric Beigbeder pour revenir sur la polémique déclenchée par ces vidéos. Auprès du Huff Post, il assure : « Je me suis retrouvé plusieurs fois à ses côtés devant des caméras et je plaisantais avec lui car je ne l’ai jamais vu avec des filles mineures. Je pense que le malentendu vient de là : je ne le prenais pas au sérieux. D’ailleurs je ne me prenais pas au sérieux non plus. Et c’est pourquoi je l’ai souvent défendu. »

Et d’indiquer que la lecture du livre de Vanessa Springora lui a fait prendre conscience des manipulations exercées par Gabriel Matzneff. « Springora m’a réellement fait prendre au sérieux pour la première fois ce que je ne voyais pas ou ne voulais pas voir : j’aurais dû comprendre que le plus cruel pour les victimes de pédophiles est d’avoir consenti. »

Thierry Ardisson, pour sa part, ne souhaite pas s’exprimer.


Dossier : L'affaire Matzneff, du prestige littéraire au banc des accusés



Commentaires
On ne se lasse pas de lire, même sur des sites littéraires comme celui-ci, des commentaires tout à fait écoeurants de machisme, sexisme, misogynie et tutti quanti, énoncés par des mâles (que je ne confonds pas avec les hommes digne de ce nom : il y en a, et j'en compte parmi mes amis), compLices de l'indéfendable. Parmi eux, on sait qu'il y a nombre de harceleurs, d'agresseurs sexuels et de violeurs encore impunis qui protègent et défendent les leurs pour pouvoir continuer à bénéficier de l'impunité sociale qui sévit en France depuis trop longtemps !

Je prendrai, dans le lot, un post qui n'est même pas le pire, et qui proclame pourtant rageusement : « Assez de terrains médiatiques envahis par ce qu'on finira à regret par appeler: guerre des sexes. » La guerre des sexes, Monsieur, ce sont des hommes (je ne dis pas les, en songeant aux hommes bien qui protestent à nos côtés !) qui la mènent contre les femmes depuis des temps immémoriaux, et qui la poursuivent en exigeant aujourd'hui votre soutien de caste, sinon votre approbation. En un mot, les agresseurs veulent faire de vous leur complice ! La guerre des sexes, Monsieur, ce sont les hommes, harceleurs, agresseurs, violeurs, cogneurs de femmes (parfois aussi d'enfants), et parmi eux les assassins féminicides qui la mènent ! Les femmes elles, commencent tout juste à oser parler publiquement, et comprendre qu'elles doivent enfin se proclamer en état de légitime défense. Aux hommes comme vous de réfléchir si votre solidarité de caste, de sexe même, est supérieure à la solidarité humaine que vous devez à vos filles, vos nièces, vos cousines, vos mères, vos compagnes, mais aussi vos collègues de travail et les femmes en général !
Je connais plein d'hommes,des amis et connaissances et des gens de ma famille, qui n'ont RIEN à voir avec la supposée culture du viol.

Jamais eux et moi n'avons frappé,harcelé,maltraité et enccore moins violé aucune femme ou jeune fille.

Jamais cela veut dire jamais !

Et jamais nous ne cautionnons ce type de comportement.



Je regrette mais cette ambiance de véritable misandrie entretenue par certaines féministes qui s'en prennent toujours aux mêmes cibles: des mâles blancs de plus de cinquante ans (pourquoi blancs et pourquoi quinquas ou polus,mystère) -essentialisés -cela devient trop.

Il ne s'agit pas d'un esprit de caste mais d'un ras-le-bol cotre des attaques incessantes qui deviennent une mode.

Que diriez-vous si on confondait le mot «sororité» avec un esprit de caste, madame ?

Et des femmes qui font beaucoup de mal à des hommes et à d'autres femmes ainsi qu'à des enfants,il en existe également même si on en parle moins.

Moi j'espère que ce site retrouvera enfin sa vocation littéraire et d'informations remarquables plutôt que de devenir un champ de mines de polémiques incessantes et toujours recommencées.

Merci.

CHRISTIAN NAUWELAERS
ERRATA dans ma première réponse du 1er mars !

Encore,non enccore; quinquas ou plus,non: polus;et contre,non cotre !

Réponse écrite trop vite et impulsivement pour la forme,corrigée ici; pour le fond,je maintiens.

Assez d'accusations fausses tous azimuts de soutien aux violeurs etc.

D'imprécations incessantes.

Cela devient délétère et absurde.

Une remarque: ce n'est pas un regard «curieusement masculin» mais masculin.

Et de bon sens partagé par des femmes !

On doit s'excuser si on a un regard masculin, un «male gaze» ?

Un regard masculin est nécessairement prédateur ?

C'est quoi cette idéologie mortifère ?

Non et on peut lire Mona Ozouf,dont le regard féminin est,lui,empreint d'humanisme,de bon sens et d'une lumineuse intelligence.

J'attends une critique dans ActuaLitté...!

Le niveau sera enfin relevé.
Cette réponse qui précède ne vaut aucunement soutien aux hommes que vous décrivez,madame.

Mais il faut maintenir un État de droit et une accusation doit être étayée par des preuves sinon gare à l'arbitraire le plus total.

Et je sais que dans de telles matières, cela est très difficile et je n'ai pas de solution miracle.

Et non,une telle objection n'a rien de machiste,patriarcale,phallocrate et tout ce que vous voulez.

De nombreuses femmes n'ont jamais eu à se plaindre de telles avanies.

Et celles qui sont des victimes ont le droit voire le devoir de porter plainte.

Je raisonne logiquement et mes posts sont humanistes et empreints de bon sens,madame.

J'espère que d'autres sujets seront enfin mis en avant,qui correspondent à la vocation de ce site.

Ou alors qu'il change et devienne un lieu de débats d'idées...

Que dites-vous de Fanny Ardant et Bardot et leur soutien tout récent à Polanski ?

Certes purement affectif,non raisonné...

Autre thème de discussion...!

CHRISTIAN NAUWELAERS
Peut-être passer à autre chose,maintenant que les mots actuels de Frédéric Beigbeder sur Europe 1, repris dans cette contribution, sont on ne peut plus clairs ?

Franchement le message est passé...sauf peut-être chez ceux qui le refusent même tacitement et s'acharner encore et encore et encore etc. avec Matzneff/Springora (mais il y a ses autres petites victimes non médiatisées) ne sert plus à rien je crois.

Les livres de GM sont retirés de la vente,la justice le poursuit...

Sa petite rente est supprimée ou va l'être, je ne sais pas.

Son nom est sali, démonétisé,dégradé à jamais: triste fin de vie,déchéance inexorable.

Sa santé est chancelante également.

Et les propos inacceptables d'antan par ses thuriféraires de naguère et retrouvés par les fouilleurs des tréfonds audiovisuels sont vraiment classés et reniés (même pour Pivot qui lui n'est jamais aussi loin et a regretté une certaine complaisance vis-à-vis de GM dans une désormais fameuse séquence d'«Apostrophes»).

Il faut éviter l'acharnement via la Toile qui en soi contient des germes totalement toxiques, même lorsque la cause est indiscutable -mais c'est loin d'être toujours le cas (y compris avec le regain effrayant de la censure de tout poil) !

Assez d'autres sujets d'indignation je crois en 2020 et se passant aujourd'hui.

Priorité à cela et que la Toile arrête de se substituer à une justice émanant d'un État de droit au profit d'un lynchage médiatique.

Matzneff paie et sans doute paiera encore très cher sa conduite, tant pis pour lui mais si on tirait l'échelle avec cela ?

CHRISTIAN NAUWELAERS
Christian vous avez tout dit.

Maintenant que la justice fasse son travail et que notre société soit vigilante.
ERRATUM (je me gifle): «...Pivot qui lui n'est jamais ALLÉ aussi loin...»

évidemment !

C'est vrai,depuis fin décembre (deux mois !),juste avant la publication du brûlot de Vanessa (craquante...en adulte,on est bien d'accord !), on a évoqué cette affaire tout le temps et presque tous les jours.

Bon on peut tirer l'échelle en espérant que tout cela ait servi à quelque chose de durable,s'entend.

De vrai progrès.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Quelle soit vigilante oui !

En attendant c'est à plein temps la pédophilie, et en masse. Qui se soucis d'éradiquer le problème ? Et bien personne. Et sûrement pas cette merde d'éxecutif qui se lave les mains de tout ça et protège ses délinquants.

Soyons vigilants, pauvre abrutis.
Le ton de ces commentaires - curieusement masculins - rappelle celui de certaines personnes à propos d'une autre abomination:la shoah et ses tortionnaires. Là aussi, on en a eu marre de réactualiser "tant de fois" le thème, d'insister sur l'outrage et ses conséquences. Là aussi, on invitait "les plaignants" (les dénonciateurs, les victimes, les témoins et lecteurs d'infos horrifiés) à "tirer l'échelle", "passer l'éponge", "oublier le passé", toutes formules stimulant le choix de l'oubli, le mépris de la mémoire et la banalisation du mal ineffable.



Le thème présent ennuie. Pratique politique de l'immortelle autruche. Défense voilée du machisme mortifère, nostalgie même de son déclin. Bah! le vice et l'humain naviguent de conserve et les femmes ne sont-elles pas habituées à la maltraitance? C'est dans leur nature! C'est pas bien grave ce qu'on leur fait. Ne pas en faire pas tout un fromage. Tournons la page et passons à des thèmes plus joyeux. Après moi le déluge et tant pis pour les noyés.
Entièrement d'accord avec le dernier commentaire. La mémoire doit rester vive, l'attention aussi.
Encore les procès d'intention...!

Aucune «nostalgie même de son déclin», il ne faut pas lire ce qui n'est ni écrit ni insinué.

Ni insinué, j'insiste...

Tout le dernier paragraphe de la contribution de Juliette Gréco (je plaisante,son surnom: Jujube) montre à quel point l'incompréhension est en train de s'installer entre les deux genres humains les plus répandus...

Et non,ce n'est pas: machiste,patriarcal etc.

Tout le monde (moi le premier) est évidemment écoeuré par des comportements tels ceux de Matzneff.

J'aimerais beaucoup que ce site conserve sa vocation de grand site littéraire réputé depuis plus de dix ans pour ses infos et ses chroniques.

Assez de terrains médiatiques envahis par ce qu'on finira à regret par appeler: guerre des sexes.

Voilà,c'est mon point de vue.

Et pour Bossette: d'accord avec la nécessité qu'elle décrit...mais il faudrait être amnésique incurable pour oublier l'affaire Matzneff.

Si on ne reconnaît pas ce fait, je ne comprends plus rien.

La mémoire et l'attention sur ces points sont sollicitées tous les jours et tout le monde peut constater cela.

Pas de panique...

Mais rien ne sera jamais parfait hélas.
Entièrement d'accord avec le commentaire de Jujube, et merci à elle !



Par ailleurs il n'est nullement question de guerre des sexes, ça n'a rien à voir avec le sujet, tout mélanger ne sert pas à avancer...

Enfin, si Beigbeder dit qu'il n'a jamais vu des filles mineures avec Matzneff, c'est forcément qu'il leur a demandé leur carte d'identité dans les bars ou restaurants où elles buvaient ou mangeaient, la scène est tout à fait vraisemblable, n'est-ce pas ?

Il faut lire le manifeste "Il faut sauver le soldat Matzneff" de Beigbeder, apologie enflammée et grotesque du pédocriminel, dont toute "l'oeuvre" est basée sur ses crimes, malheureusement parfaitement réels et constamment revendiqués comme tels par "l'auteur".

Se taire alors que la pédocriminalité sévit chaque jour dans tous les milieux et que les victimes sont marquées À VIE ? Jamais !
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.