Affaire Matzneff : réel et fiction, au temps des confusions

Clément Solym - 18.01.2020

Edition - International - Gabriel Matzneff pédophilie - auteurs livres littérature - fiction réalité livres


L’affaire Matzneff aura alimenté les réflexions et les médias, des semaines durant : un auteur, ouvertement pédophile, dont les livres racontaient ses délits (ou crimes…) au fil des pages. La France secouée par des révélations pour les uns, secret de polichinelle pour d’autres. Et entre les deux, des dérives… ou quand comparaison n’est pas raison.


Gabriel Matzneff, 1983 - Florence Kirastinnicos, CC BY SA 4.0


Il y a Gabriel Matzneff d’un côté de l’Atlantique, revendiquant la véracité de ses écrits dans le Journal qu’il a publié méthodiquement au fil des années. Et de l’autre, une affaire qui secoue le monde du livre québécois : Hansel et Gretel, d’Yvan Godbout. Dans cet ouvrage d’horreur, une scène d’agression sexuelle : un père s’en prend à sa fille de 9 ans. 

Le scandale explose. Les auteurs se mobilisent depuis, alors que le romancier risque, dans le cadre d’un procès, 14 années de prison. Mais voilà : Matzneff et Godbout n’ont rien de commun, souligne l’Union des écrivaines et écrivains québécois. Et d’appeler « toute personne amenée à commenter ces actualités à faire preuve de discernement. Toute comparaison est insultante pour Yvan Godbout, les écrivains et la littérature ».
 

Deux dossiers trop différents


Dans le dossier Hansel et Gretel, l’écrivain Yvan Godbout et son éditeur sont accusés de production et de distribution de pornographie juvénile sur la base d’une plainte formulée à l’encontre de passages dans un livre de fiction, publié dans une collection de livres d’horreurs pour public averti, reprend l’UNEQ. 

Côté français, le Parquet a ouvert une enquête pour viols commis sur mineur de moins de 15 ans — l’Office central pour la répression des violences faites aux personnes (OCRVP) est en charge de la procédure.

La présidente de l’UNEQ réagit : « Dans le cas français, il s’agit d’essais et de journaux intimes ouvertement autobiographiques où sont étalés à pleines pages l’attirance d’un homme pour de jeunes garçons et de jeunes filles, et c’est précisément cet homme qui est visé par une enquête sur ses actes. » Faits qui relèvent bien de la pédocriminalité.

Or, l’affaire québécoise est tout autre, car « un écrivain est accusé de production et de distribution de pornographie juvénile sur la foi d’une œuvre de fiction ». 
 
Les journaux intimes de Matzneff ont fait l’objet d’un retrait rapide de la collection de la Grande Bibliothèque de Montréal et de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) le 7 janvier dernier. L’UNEQ affirme respecter cette décision de précaution, au regard du Code criminel qui punit la possession de pornographie juvénile, mais aussi et surtout par respect pour les victimes citées dans ces journaux, à commencer évidemment par l’écrivaine et éditrice Vanessa Springora.
 

Procès et prise de conscience


« En ce qui concerne Hansel et Gretel, le procès portera précisément sur la dimension littéraire, artistique et fictionnelle de l’œuvre. C’est dorénavant entre les mains de la justice, qu’on le veuille ou non », déclare Laurent Dubois, directeur général de l’UNEQ. « Laissons la justice faire son travail et, de grâce, évitons de comparer deux affaires qui n’ont rien de comparable », conclut-il.

La liberté d’expression ne cautionne pas toute publication, pas plus qu’elle ne lui garantit le droit d’être diffusée – et il reste parfaitement compréhensible que des lecteurs aient été choqués par le texte d’Yvan Godbout. Mais qui relève peut-être plus d’une erreur éditoriale, voire d’une erreur de l’éditeur, que des tribunaux. Contrairement à l’affaire Matzneff…

De son côté, Vanessa Springora, autrice du livre Le consentement, qui a mis en plein jour cette histoire, ne cache pas sa satisfaction. « Je suis très contente de la prise de conscience générale qui a eu lieu. C’est merveilleux qu’on puisse encore se remettre en question, pour toutes les personnes qui ont eu le courage de le faire, prendre conscience de ses erreurs, c’est très important », assurait-elle lors de son passage à La Grande Librairie, l’émission de François Busnel sur France 5.


Commentaires
La prise de conscience souhaitée par Mme Springora n'est pas totale, loin de là..... Pourquoi a t il fallu 30 ans pour que la justice s'active ? Alors que les faits dont se flattait Matznef relevaient ouvertement du Code Pénal ?

Pourquoi ne peut on pas stigmatiser la bienveillance de cette institution ?

Pourquoi aujourd'hui les même faits dont se flattent Frederic Mitterand ou Daniel Cohn-Bendit restent impuni ?
Non les puissants n' ont pas plus de soucis à se faire qu avant tant que certaines femmes bien dotées par la.nature choisiront de prendre la perche qui leur est tendue pour grimper l échelle sociale.les conséquences de ces prises de parole récentes qui ont même été jusqu' à modifier la loi n impacteront que les pauvres . Force est de constater que Flavie Flament . Adèle haenel et v springora n' ont révélé les faits encore que nous juges pour toutes après la préscription pour deux d entre elles ou lorsque l'accusé était très amoindri pour Adèle H selon ses propres dires ..et convenons que pour des femmes pretenduement brisées par des prédateurs sexuels il y a pire destin que devenir directrice de collection actrice star ou animatrice de TV tous domaines où entre parenthèses la promotion canapé est banale...
Merci à l équipe de modération de permettre le débat
Et évidemment on oublie encore et toujours les petites victimes asiatiques et africaines du «tourisme pédophile» qui ne se plaindront jamais,ni aujourd'hui ni dans trente ou quarante ans...

Quand et comment vont-elles se reconstruire, loin de la bienveillance et de la reconnaissance médiatiques (méritées certes) et de la réussite professionnelle ?

Et qui sans doute croient devoir se plier aux appétits sordides de ces touristes d'un genre spécial,comme un travail imposé et inévitable.

Les choses changent mais les rapports de force et d'exploitation existent et existeront toujours:arrêtons ce triomphalisme excessif même si la parole des femmes -attention certaines bien plus que d'autres -s'étant libérée fait fortement bouger les choses.

Et puis le ver dans le fruit pour cette question: sauf preuves médicales avérées (viol,coups,blessures)...mais pas trente ans après,la culpabilité formelle du violeur,agresseur,etc. n'est pas toujours facile à établir.

Souvent c'est du parole contre parole...

Le règne de l'arbitraire total est indigne d'un État de droit mais comment l'éviter quand les éléments matériels manquent ?

Quadrature du cercle alors qu'il faut d'autre part que l'impunité ne soit plus tolérée.

Mais pour Matzneff,certes,c'est bel et bien plié et il paie très cher son cynisme pervers,quelles que soient les justifications artistiques et historiques dont il a pu exciper ainsi que ses thuriféraires...de plus en plus discrets depuis la bombe Springora,le déclencheur de sa dégringolade irréversible.

CHRISTIAN NAUWELAERS
"C'est le nôtre, le vrai écrivain!" Les Québécois nous font la morale. Mais c'est bien chez eux qu'est réédité un ouvrage où, pour reprendre leur terminologie, sont étalés à pleines pages l'attirance d'un homme pour un régime odieux et ses appels au meurtre de toute une communauté, non? Bagatelles, dira-t-on, c'était en l'an 39 du siècle dernier. Mais retirer les livres des bibliothèques, ça peut quand même rappeler fâcheusement cette époque... ou en annoncer une autre.
Je vais vous soumettre mon commentaire

Si la justice et la société de l époque et le médecin pour l hôpital des enfants n’ont pas réagi face à ce crime pèdophile car comme beaucoup de personnes, j’ai regardé l’émission « la grande libraire « personne sur le plateau et encore moins l’auteur

Vanessa Springera n ont évoqué la responsabilité des parents, sa mère notamment qui connaissait GM l’auteur et l’aiteur Des faits

Si François Mitterand a été évoqué il me semble plus pertinent d évoquer le neveu Frederic pour ses témoignages au Maroc

Je souhaiterais suggérer à l auteur du « consentement «  de verser ses bénéfices pour la parution de son livre à une association caritative qui lutte pour la protection de l France

Merci
Que faites-vous si vous décidez de franchir un col ? Vous prenez un guide de haute montagne. Que beaucoup se taisent quand ils ne savent rien du monde de Matzneff et qu'ils veulent s'en af-franchir sans guide. Dans certains mondes, à certains endroits? des gosses de douze ans vous draguent ouvertement et, ouvertement, ils prennent plaisir de vos étreintes. Ne confondez pas ces enfants avec les enfants dont vous avez en tête l'image d’Épinal. On ne confond pas un surdoué du piano, un prodige de douze ans, avec la foule des gamins de son âge qui ne savent pas distinguer un piano d'un clavecin. Pourquoi serions-nous plus taquins avec les surdoués du sexe ? Sûrement encore un coup des Jésuites, et Dieu sait que... Laissez en paix Matzneff et revenez à vos banalités, c'est là que vous êtes les meilleurs.
Que des ados de 11-14 draguent des adultes, c'est une chose, ils sont dans une recherche entre l'enfance et l'adulte ; Que l'adulte prenne cela comme une demande de sexualité d'adultes, c'en est une autre. Et c'est le rôle de l'adulte de mettre une barrière.

Après chaque individu à sa morale. La mienne, c'est de ne pas avoir de rapport sexuel avec une personne de moins de 18 ans, d'autres comme Matzneff et à priori vous, c'est plutôt 10 ans. la Loi française qui s'applique à tous, c'est 16 ans. Point.

Et estimer qu'une enfant qui ne crie pas au viol est une personne consentante est de la mauvaise fois totale d'adultes qui ont besoin de manipuler des gens. Vous savez autant que moi que la manipulation de certains adultes est facile, la manipulation d'ado et d'enfants encore plus. Et c'est trop facile de dire que comme vous connaissez un enfant de 12 ans qui était plus que consentant, cela prouve que la totalité sont consentants. Si je trouve une femme qui aime se faire taper par son mari, cela signifie que toutes celles qui se font frapper et qui restent avec leur maris sont donc consentantes ? C'est vraiment de la réflexion par l'absurde pour légitimer votre pédocriminalité.
Des surdoués du sexe de 12 ans!!! Des enfants payés prennent du plaisir à des étreintes avec des pervers qui pratiquent le tourisme sexuel?! Vous propose sont dégoûtants.
Lorelei ? Vous ne méritez pas ce pseudo, changez-en et allez vite vous confesser, s'adresser à un diable est déjà un péché. Au passage, remplacez "vous propose" par "vos propos", vous paraîtrez davantage Française.
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