Affaire Matzneff : un appel à témoins lancé pour identifier d’autres victimes

Camille Cado - 11.02.2020

Edition - Société - affaire Gabriel Matzneff - Gabriel Matzneff victime - enquête viols Matzneff


Depuis la publication du Consentement (Éditions Grasset) de Vanessa Springora en janvier dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « viols sur mineur de 15 ans » visant Gabriel Matzneff. Le procureur de Paris Rémy Heitz a déclaré qu’un appel à témoins serait lancé ce mardi 11 février pour essayer d’identifier d’autres victimes de l’écrivain français. 
 

Gabriel Matzneff, 1983 - Florence Kirastinnicos, CC BY SA 4.0


Sur Europe 1, le procureur de Paris revient sur le lancement de cet appel à témoins, une procédure judiciaire essentielle pour « faire la lumière sur ces faits extrêmement graves ». Selon lui, la « démarche c’est vraiment d'en parler. Ne pas hésiter surtout à se diriger vers un service de police, vers la justice » pour que l’enquête puisse être menée à bien, mais aussi dans un souci de prévention. « Car quand on interpelle l’auteur de tels faits, souvent des prédateurs qui agissent de façon sérielle, on assure une prévention et on évite d’autres drames » explique Rémy Heitz. 

« Nous avons cette démarche à la fois pour les victimes connues, pour celles qui publient des ouvrages sur ce qu’elles ont vécu, mais nous le faisons aussi quotidiennement et depuis très longtemps pour l’ensemble des victimes, parfois plus anonymes, qui se manifestent et qui nous saisissent » reprend-il. Rappelant que « même si elles ne nous saisissent pas, nous sommes parfois amenés à nous autosaisir de ces faits extrêmement graves, lorsqu’ils ont été commis sur des mineurs ».

Des déclarations qui font écho aux récentes révélations du Parisien. Selon le quotidien, la maison Grasset, qui a publié le livre de Vanessa Springora, aurait refusé un manuscrit dans les années 90 qui évoquait une relation sous l’emprise de Gabriel Matzneff. Un problème de qualité littéraire, évoquait dernièrement la maison pour s'en défendre.

Cette autre victime aurait ainsi vu son témoignage « renvoyé aux oubliettes » par Jean-Claude Fasquelle, à l’époque à la tête de la maison. Pour le parquet de Paris, il s’agit aujourd’hui d’inciter les victimes à s’exprimer pour « qu’il puisse y avoir des procès », une éventualité qu’avance le procureur de la République. 

 

Une prescription des faits pas encore établie

 

Rémy Heitz revient sur les délais de prescriptions dans l’affaire Matzneff, mais également dans celle qui concerne Sarah Abitbol. Pour rappel, dans Un long silence (Plon), la patineuse professionnelle Sarah Abitbol affirme avoir été violée par son entraineur à l’âge de 15 ans. 

« La démarche du parquet de Paris dans ces affaires compliquées et sensibles c’est toujours, lorsqu’il s’agit de mineurs, que les faits soient prescrits ou non, d’ouvrir enquête » poursuit-il. « Il y a plusieurs objectifs : la manifestation de la vérité, mais aussi vérifier si les faits sont prescrits, et faire en sorte qu’il n’y ait pas de victimes oubliées. »

Et si le délai de prescription est actuellement de 30 ans, le procureur affirme que plusieurs facteurs sont à prendre en compte. « C’est très compliqué », explique-t-il. « Il faut combiner un certain nombre de facteurs : la date des faits, la loi applicable, l’âge de la victime. » 

 

Un dossier Matzneff monté par
les renseignements généraux


Pour rappel, un appel à témoins concernant les violences sexuelles et sexistes dans le milieu de l’édition a récemment été initié par la Ligue des auteurs professionnels et le syndicat CGT-SGLCE. Contactée par ActuaLitté, Manon Doutreligne, correctrice et secrétaire à l’édition du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE) expliquait que cet appel à témoignages s’adressait « à tous les travailleurs du secteur de l’édition, quels que soient leur métier et leur statut ».




Commentaires
Gallimard ne peut se dédouaner aussi facilement de sa coresponsabilité d'éditeur de telles incitations. Le contexte de l'époque n'est pas une circonstance atténuante. Il y a au moins non assistance à personne en danger.
Je trouve votre remarque un peu facile... Et toutes les femmes qui se sont tues, en particulier les actrices, ayant eu affaire avec le prédateur... elles sont aussi coresponsables de n'avoir rien dit et donc d'avoir laissé d'autres personnes se faire agresser. En plus dans un cadre professionnel, elles se sont tues par intérêt personnel, alors que ce n'était pas un cas isolé. Juste l'opportunisme.

Pourtant peu de gens dénoncent comme moi cette complicité ou "co-responsabilité" comme vous dites.

Par principe un roman est une oeuvre de fiction et il est incompréhensible qu'on le considère autrement encore moins comme un "document légal". Tant que les gens ne portent pas plainte, c'est donc une OEUVRE D'INVENTION, point barre.
1/ C'était pas des femmes, je crois, mais des jeunes femmes, voire de très jeunes femmes, voire des gamines, faut être précis.

2/ Qu'en savez-vous qu'elles pouvaient parler ? Que savez-vous de la notion de victime, surtout si jeunes ?

3/ Qu'en savez-vous qu'elles se sont tues "par intérêt personnel" ?

4/ Entre une si jeune victime et son prédateur, vous croyez sérieusement qu'il y a co-responsabilité ?

5/ Qui dit qu'un roman n'est pas une oeuvre de fiction ? Pas moi en tout cas. En revanche, les faits que relate GB le pervers eux sont tout à faits vérifiables.

Bref, vieux mot se taire que de dire des énormités pareilles et sortir autant d'inepties et de lieux communs.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.