Affaire Rushdie : le parti de Gandhi accusé de vouloir plaire à l'opinion

Clément Solym - 06.02.2012

Edition - International - Rushdie - Election - Inde


En Inde, le parti du Congrès (parti historique de Gandhi et Nehru) espère bien remporter les élections législatives, au nord du pays. Alors forcément, il faut soigner l'opinion, et surtout la communauté musulmane qui représente un tiers de la population d'Uttar Pradesh.

 

Alors que les pressions s'intensifient autour de certains écrivains, la peur de certains partis et organisateurs face aux extrémistes est très critiquée. L'auteure Talisma Nasreen l'affirmait « tous les partis politiques, tous les organisateurs ont peur des fanatiques ! Mais pour combien de temps encore ? ». Sa biographie a fait les frais de ses prises de position, elle a tout bonnement été interdite dans le pays (voir notre actualitté).

 

Pointé du doigt, le parti de Nerhu et Gandhi, le parti du Congrès est accusé de ne rien faire pour préserver la liberté de parole, afin de ne pas se mettre à dos l'opinion publique. Au nord de l'Inde, 200 millions de personnes sont invitées à voter à l'occasion d'élections législatives. La communauté musulmane représente 18% de la population, et certains partis font tout pour s'attirer leur sympathie.

 

 

Affaire Rushdie : le silence du gouvernement

 

L'écrivain Salman Rushdie, devait participer au festival littéraire de Jaipur mais sa possible venue avait déclenché la colère des extrémistes religieux et l'écrivain avait dû se résigner. En cause, son ouvrage, les Versets sataniques, interdit en Inde. 

 

Déçu, Salman Rushdie n'a pas manqué d'accuser les hommes politiques de jouer le jeu des extrémistes, « pour des raisons électorales » cite le journal The Guardian. Le gouvernement indien, composé de parti de coalitions dont le principal est le parti du Congrès, n'a pas souhaité réagir.

 

L'État d'Uttar Pradesh, dans le nord de l'Inde est l'un des plus peuplés et l'un des plus pauvres. Il y a cinq ans, musulmans et dalits ont élu Mayawati Kumari. Alors pour le parti du Congrès, longtemps présent dans la région, les enjeux sont de taille : se refaire un nom dans cet État. Mais le sacrifice, lui aussi, est de taille.