Afrique : Se réapproprier un accès au marché détenu par les occidentaux

Julien Helmlinger - 10.11.2014

Edition - International - Afrique - Littérature et francophonie - Djibril Tamsir Niane


Ce vendredi 7 novembre, à Dakar, le président de l'Association des écrivains du Sénégal (AES) Alioune Badara Bèye a plaidé en faveur de mesures protectionnistes en vue de la survie de l'industrie de l'édition. Le dramaturge invoque une préférence nationale qui doit se traduire par l'approvisionnement du marché local en ouvrages africains en grande quantité, par la création d'une fédération d'auteurs et des publications en langues nationales.

 

 

Africa

CC by 2.0 par residentevil_star2001 

 

 

Selon le président de l'AES, qui s'exprimait dans le cadre de l'ouverture de la 22e édition de la Journée internationale de l'écrivain africain : « La préférence nationale doit prévaloir en Afrique, pour la survie de l'édition, avec la création d'une fédération internationale des éditeurs africains, mais aussi le renforcement de l'édition en langues nationales. »

 

En présence de la ministre mauritanienne de la Culture et de l'Artisanat, Fatma Vall Mint Soueinae, Bèye a pointé au rang des problèmes de l'édition africaine le fait que l'accès au marché du livre scolaire et universitaire était jusqu'à présent aux mains des éditeurs occidentaux.

 

Le président de l'AES s'est également exprimé à propos du parrain de la Journée internationale 2014 de l'écrivain africain, le Guinéen Djibril Tamsir Niane, 82 ans, qu'il a qualifié de « dernier Mohican du continent africain ». Il a en outre rappelé que l'homme faisait partie de ceux qui ont « exhumé » la Charte du Mandé, texte précurseur de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Le parrain était représenté par le poète Amadou Lamine Sall, qui a récapitulé le parcours du Mohican, et notamment la publication de son œuvre la plus célèbre, Soundiata ou l'épopée mandingue, en 1960. Présentant Djibril Tamsir Niane comme un spécialiste de l'histoire du Mandé, le poète a précisé qu'il avait été emprisonné sous le régime de Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, avant de s'exiler au Sénégal dans les années 1970.

 

Amadou Lamine Sall a souligné le message de « veille » transmis par l'œuvre du parrain de la Journée, en invitant les jeunes générations d'écrivains africains à suivre son exemple, pour être entendues et respectées, et à faire en sorte que l'héritage de leurs aînés soit « préservé et enseigné ». La manifestation culturelle et littéraire doit se poursuivre jusqu'au 12 novembre, sur le thème « Littérature et Francophonie ».

 

(via l'Agence de Presse Sénégalaise)