Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Agatha Christie règne sur le Polar, et dans le coeur des lecteurs

Nicolas Gary - 01.04.2017

Edition - Société - polar étude lecture - livres polar ventes - france étude polars


ÉTUDE – « C’est si peu dire que je t’aime ! » Voici le message que les lecteurs adressent chaque année au polar. Thriller, suspens, humour, frisson, historique : qu’importe sa déclinaison, le genre jouit d’une notoriété grandissante. Babelio présentait durant la journée professionnelle de Quais du polar, une étude menée auprès de 4771 répondants, qui le démontre.

 

 

 

93 % des lecteurs versent dans le roman policier, le chiffre est éloquent. Et ceux qui rejettent le genre littéraire, lui reprochent tout et n’importe quoi : trop violent, trop codifié, concurrence de la télévision ou du cinéma, ou simplement une dévalorisation de ces livres par a priori. Mais soit, ils ne sont donc que 7 %.

 

Les plus grands lecteurs de polars sont, une fois n’est pas coutume, des lectrices – 8 sur 10. Et si l’essentiel du lectorat se situe entre 25 et 54 ans, 61 %, il doit y avoir un déclencheur propre : les 12 /17 ans, ne sont que 3 % à en lire, contre 7 % pour les 18 /24 ans.

 

Les personnes interrogées revendiquent entre 2 livres par mois et 2 par semaine – 76 % – et pour 36 % d’entre eux, le polar représente alors entre un quart et la moitié de leurs lectures. Les trois éléments majeurs qui les attirent sont ainsi le suspense, l’intrigue et les enquêtes – les personnages, l’histoire ne viennent en effet qu’après. Paradoxe, puisque 58 % des lecteurs sont attachés à des personnages récurrents.

 

On ne s’étonnera alors pas que les Thrillers soient majoritairement plébiscités par hommes et femmes – 62 et 66 % des genres lus. Et que les trois quarts des lecteurs opèrent une véritable distinction dans les sous-genres du polar.

 

Les 90 ans des éditions du Masque en 9 dates 

 

Reste que les lecteurs lui reconnaissent pleinement son existence : 55 % estiment qu’il est devenu un genre littéraire unanimement reconnu, et 42 % estiment que sa réputation s’améliore depuis quelques années. À ce titre, cocorico, les auteurs français sont majoritairement lus, loin devant les États-Unis et l’Angleterre – et sa Suède prend la 4e place, assez logiquement.

 

Qui a mené les lecteurs au polar ? Marie Higgins Clark et Simenon sont les plus immédiatement cités – suivis par Fred Vargas et Conan Doyle. Mais la maîtresse du genre est incontestablement Agatha Christie, figure tutélaire. Franck Thilliez et Maxime Chattam s’aménagent tout de même une jolie place, aux côtés des Gaston Leroux, Maurice Leblac ou encore Jean-Christophe Grangé et San Antonio.

 

Or, pour découvrir leurs prochains livres, les lecteurs multiplient les sources d’acquisition et restent très attachés au bouche-à-oreille. Les prix littéraires, en revanche, n'ont pas vraiment d'impact sur leurs choix.

 

Adapter les livres en films : le cinéma amène-t-il à la lecture ? 

 

Enfin, la lecture numérique s’est passablement développée, au cours des trois dernières années, sachant que depuis 2014 (date d’une première étude Babelio), les prix de vente moyens n’ont pas varié. Comme la majorité des lecteurs lisent en poche leurs polars, la question tarifaire, pour le numérique est relativement écartée. De même, les lecteurs sont plutôt agnostiques : 71 % ne se préoccupent ni des maisons ni des collections pour leurs achats.

 

 

NB : la base de répondants est constituée d’internautes et plus spécifiquement de membres de la communauté de Babelio, réseau social de lecteurs. 

 

On peut retrouver l'intégralité de l'étude ci-dessous :