Agents littéraires, mode d'emploi : en guise de préambule...

David Pathé Camus - 05.09.2019

Edition - Société - agents littéraires metier - publier livre - trouver éditeur


DOSSIER – À l’occasion de la rentrée littéraire, ActuaLitté proposera un dossier de longue haleine sur les agents littéraires. Rédigés par David Pathé Camus, écrivain, traducteur, agent littéraire et consultant éditorial, seront publiés une vingtaine d’articles passant en revue ce métier, ses implications, les relations qu’il entretient avec la chaîne du livre. Mais avant de commencer, quelques remarques...


 

Comme tout milieu professionnel, l’édition constitue un petit monde. Ses codes et ses rituels sont généralement méconnus du grand public et des aspirants auteurs. Beaucoup s’imaginent que pour être lu il faut « connaître quelqu’un », ou que les éditeurs ne lisent pas en entier les manuscrits qu’ils reçoivent – quand ils ne les lisent, tout simplement, pas du tout. 

En fait, l’édition est un métier — qui s’apprend —, et il ne faut pas longtemps à un éditeur pour savoir si un manuscrit correspond à sa ligne éditoriale. Quelques lignes suffisent pour séparer le bon grain de l’ivraie. 

Une maison d’édition comme Gallimard reçoit en moyenne 6000 manuscrits par an. Le Seuil, environ 5000. Robert Laffont 4000. En tant qu’éditeur (chez Univers Poche, où j’ai dirigé Pocket SF, l’imaginaire au Fleuve et co-dirigé Pocket Terreur), il n’était pas rare que je reçoive un ou deux manuscrits par jour. (Mon record est de quinze en une seule journée.) J’ai calculé que je retenais environ 1 manuscrit sur 200. Et cette moyenne n’a pas changé lorsque je suis devenu agent. 

Il peut donc sembler compliqué au néophyte d’entrer dans ce milieu : « Je n’ai pas été publié, mais c’est normal je ne connais personne », est une phrase récurrente chez les auteurs dont le manuscrit a été refusé. 

Pourtant, la majorité des manuscrits sont étudiés par les maisons d’édition — toujours à l’affût de nouveaux talents. Comme éditeur, j’ai toujours tout regardé. Et comme agent, je continue d’étudier tous les manuscrits que l’on m’envoie. (Attention : je précise que « étudier » ne signifie pas nécessairement « lire en entier ». Un éditeur qui devrait lire en entier tous les manuscrits qu’il reçoit pour savoir s’ils correspondent à sa ligne éditoriale finira vite à l’asile de fous.) Quand un éditeur refuse un manuscrit, il lui arrive de répondre à celui qui le lui a envoyé par une courte lettre, généralement tournée ainsi : « (…) malheureusement, votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale. »

Dans la plupart des cas, c’est une façon polie de dire : « Votre livre est mauvais. » Mais dans certains cas, cela signifie tout simplement : « Votre. Livre. Ne. Correspond. Pas. A. Notre. Ligne. Editoriale. » Mais qu’est-ce qu’une ligne éditoriale ? Comment la connaître ? Et où se trouve ce fichu éditeur dont la ligne éditoriale correspond à son manuscrit ? 

Bref : comment faire pour être publié ? 

C’est tout simple — si, j’ose dire : il suffit d’un bon manuscrit. Toute la question étant de savoir ce qu’est un « bon » manuscrit — et cela varie évidemment en fonction des maisons d’édition.

Il y a de fortes chances pour que, en tant qu’auteur, vous n’ayez aucune idée de ce que vaut votre manuscrit. Peut-être est-il bon. Mais pour qui ? Quelle maison ? Quel éditeur en particulier ? Et à quel point se distingue-t-il de la myriade de manuscrits que les éditeurs reçoivent chaque jour ?

Comment le savoir ? À qui poser la question ? Comment savoir si un manuscrit est prêt à être envoyé, et comment, et à qui ?

 Qui peut vous guider dans cette jungle qu’est l’édition, où les intérêts de l’éditeur ne se confondent pas toujours avec ceux de l’auteur ? À toutes ces questions, il existe une réponse :

L’agent littéraire.
 
La suite au prochain épisode : comprendre le métier d'agent



Commentaires
Encore un bon dossier!

J'imagine que « David Pathé Camus » n'est pas votre véritable identité...
Bravo à ce mordu de littérature.
Le Martien, bonsoir, Pathé est le nom de sa mère et Camus celui de son père, rien de bien nouveau.
Le Martien bonsoir, le nom que porte David est celui de sa mère et celui de son père, rien de bien nouveau, non?
Très bon teasing ! Article prometteur...
grin

J'ai bien rigolé... les pratiques de ce monsieur sont quand même légèrement controversées...
Bonjour Nouchka,



J'avais cru à un article rédigé sous pseudonyme.

Effectivement, rien de bien nouveau.



Disons que je ne suis tombé sur ses blog et site professionnel que bien après avoir rédigé mon commentaire et avant d'avoir lu le vôtre.



Bref, j'attends la suite du dossier. ^^'
Et quand le livre est publié et que l on veut s’adjoindre un Agent littéraire, comment doit-on procéder?

Merci
Bonjour,



j'aborderai ce sujet dans un prochain article, mais vous pouvez prendre contact avec un agent quand vous voulez. Seulement, celui-ci ne pourra rien faire pour les droits déjà cédés (donc, a priori, ceux du livre déjà publié). Cordialement, David
Perso,j'ai résolu le problème il y a 2 ans. Je publie sur Amazon, c'est immédiat, gratuit , je fais 3 publi reportages par ans dans un quotidien, et finalement je passe à la caisse tous les mois. 387 exemplaires en 2018 et j'en suis à 476 depuis janvier 19. Compte tenu du montant des droits d'auteur amazon, il faudrait en vendre 4 fois plus chez un éditeur pour toucher la même chose. Alors oui, vraiment, le milieu éditeurs, agents, je m,en tape totalement. Mais ce n'est que mon avis hein !!!! tongue wink
Bonjour, existe-t-il en France, des agents pour les auteurs de littératures de l'imaginaire ?
Bien évidemment, Gemme.

Mais rares sont ces agents (et agentes, d'ailleurs).
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