Ahmadinejad s'amuse de la fatwa qui menace Salman Rushdie

Clément Solym - 26.09.2012

Edition - International - Mahmoud Ahmadinejad - Salman Rushdie - Fatwa


Le dirigeant iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a un emploi du temps bien chargé à l'occasion de sa visite new-yorkaise. Son séjour dans la capitale américaine s'inscrit dans le cadre de l'assemblée générale annuelle des Nations Unies. Au programme : des interviews dans de nombreux médias, des rencontres avec des étudiants et intellectuels, et même selon la rumeur un sitting avec le mouvement anti-capitaliste Occupy...

 

 

 Rally To Restore Sanity Ahmadinejad

Dalesun, (CC BY-ND 2.0)

 

 

On dit que des dents en grinçaient d'avance du côté des partisans pro-israéliens, mais cela ne semble pas avoir eu raison du sens tout aussi grinçant de l'humour de l'homme politique. Au cours d'un entretien avec des reporters celui-ci a évoqué, sourire aux lèvres, la fatwa visant l'auteur Salman Rushdie.

  

La délégation du leader iranien comporte plus de 150 officiers veillant à assurer sa sécurité. Il séjourne actuellement dans le quartier de Manhattan, dans le confort du Warwick Hotel. C'est depuis ce quartier général, à près de 800 $ la nuit, qu'il s'est exprimé face aux médias.

 

Passant en revue les tensions enflammant le monde arabe suite à la publication du nanar islamophobe, l'éventualité du renvoi de l'État d'Israël dans les limbes de l'Histoire, Ahmadinejad est également revenu sur le cas de Salman Rushdie. La semaine passée, un puissant ayatollah iranien a augmenté de 500.000 $ la prime pour l'élimination de l'auteur des Versets sataniques.

 

Le dirigeant, visiblement investi, a déclaré : « Insulter la figure divine ne serait pas considéré comme un crime ? Bien sûr qu'il le sera. [...] Bien sûr, la punition pour divers crimes doit dépendre de la nature des crimes commis. »

 

Lorsque les reporters lui ont demandé comment il considérait le fait que Salman Rushdie était toujours menacé de mort, Ahmadinejad a souri avant de répondre : « Où est-t-il maintenant ? Où est-t-il, on n'a pas de nouvelles de lui ? »

 

Sans abandonner son ton plaisantin, il a ajouté : « Est-t-il ici aux États-Unis ? Vous ne devriez pas publier ça. S'il est aux États-Unis, vous ne devriez pas publier ça pour sa propre sécurité. »

 

On pourra également se replonger dans le discours de Christopher Hitchens, évoquant la fatwa, en février 1989 (via Open Culture). Une apostrophe qui pourrait légitimement questionner...