Aider Presstalis, pas France Loisirs : les choix du gouvernement Macron

Nicolas Gary - 31.03.2018

Edition - Librairies - actissia france loisirs - Adrian Diaconu Actissia - France Loisirs PSE


L’annonce d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi d’urgence, présenté par le PDG d’Actissia, touchera donc 450 emplois sur les 1800 du groupe. Si Chapitre.com est écarté de la procédure du plan de continuation, France Loisirs et Le Grand Livre du mois sont bien concernés. Joint par téléphone, Adrian Diaconu apporte des précisions sur les perspectives du groupe. 
 

Adrian Diaconu, PDG d'Actissia
 


Si la Direccte, Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, et le juge commissaire doivent encore rendre leur avis sur le PSE d'urgence qu'Adrian Diaconu compte déclencher, l'arrivée d'un possible partenaire apporte une bonne raison de croire à la continuation d'Actissia. 

Le PDG indique en effet à ActuaLitté que ses démarches ont toujours visé « à la modernisation de l’entreprise, de sorte qu’elle réponde aux impératifs du XXIe siècle. Les changements que vit l’industrie du livre imposent à ses acteurs d’ajuster leur approche en permanence. Et certains auraient effectivement dû être mis en place voilà une dizaine d'années ».

 

Un levier monté avec les éditeurs

 

Ainsi, pour préserver le groupe Actissia, le PDG avait envisagé plusieurs options, menées de front. Dans un premier temps, fut proposé aux éditeurs français d’instaurer un levier de financement, à travers un projet sur 5 à 7 ans. Suivant le chiffre d’affaires réalisé par chacun, un engagement de contribution pouvait être établi. « Il s’agissait de parvenir à un prêt, dans des conditions particulièrement avantageuses et garanties pour les prêteurs », insiste Adrian Diaconu.

 

« L’ensemble de l’édition sait que la perte de France Loisirs serait dommageable. Et dans le même temps, depuis la reprise de la société en 2015, la persistance du groupe a permis de maintenir le commerce », admet un éditeur parisien. « Personne ne voulait revivre les librairies Chapitre ou la fin de l'enseigne Virgin, de toute évidence. »

 

En poursuivant l’activité, après avoir repris un groupe placé en liquidation, Adrian Diaconu estime avoir fait oeuvre utile. « Il existe un passif fournisseur, mais dans l’ensemble, aucun groupe éditorial ne m'en tient rigueur : ils sont tous conscients que je supporte seul le groupe depuis 3 ans et que j’ai fait tout ce qu’il était possible de faire. » Si certains fournisseurs n’ont pas joué le jeu, malgré un paiement comptant de l’approvisionnement en livres, France Loisirs a continué de tenir du mieux possible.
 

Une tentative portée auprès de l'Etat 

 

Pour autant, l’idée d’Adrian Diaconu ne fut pas suivie par toute la profession : malgré un soutien très fort de maison comme Albin Michel, et d’autres, ce regroupement ne put voir le jour.

 

Dans le même temps, c’est à l’État français que le PDG s’adressa, pour obtenir un soutien. « C’est une réalité connue que, pour le secteur de l’édition, les banques ou les fonds d’investissement n’accordent que très difficilement un soutien » insiste Adrian Diaconu. Se tourner vers les autorités françaises, en mettant en valeur l'importance de France Loisirs dans le paysa tant historique qu'éditorial était frappé du bon sens.

 

Mais n’est pas Presstalis qui veut : si l’État français a décidé d’accorder un prêt de 90 millions € au distributeur de presse, la perspective de perdre Actissia a manifestement moins ému le président Macron. Cette autre option a été écartée de fait, sans que l'on comprenne ce qui justifie le comportement du gouvernement, si attaché au livre et à la lecture.

 

Dans les tuyaux du Sénat :
Fumer des clopes, sauver des libraires

 

Reprendre la route de la francophonie


« Nous n’avons jamais cessé de chercher des partenaires pour trouver une solution », maintient Adrian Diaconu. Les partenaires identifiés il y a trois semaines par Adrian Diaconu « œuvrent dans le secteur de l’internet, gestion communautaire et la vente par internet d’œuvres d’art. Ce qui les intéresse, c’est le développement au niveau européen/international, mais également l’approche francophone qu’Actissia a toujours revendiquée ».

 

En regard des compétences complémentaires, avec d’un côté, l’infrastructure du groupe d’Adrian Diaconu et de l’autre, les outils technologiques — jusque dans les solutions de BlockChain — ou la gestion de communauté, « notre union a un véritable sens », estime-t-il. 

 

Dans ce contexte, et à l’initiative de l’administration judiciaire, sera donc exécuté le PSE d’urgence, qui concerne 450 employés sur 1800. S’il est accepté, il offrira également à l’entreprise de pouvoir mettre en conformité ses ressources avec la taille actuelle du groupe. 
 




Commentaires

😈😈😈😈😈😈👎👎👎👎👎👎👎👎👎
Je tiens a rectifier car partout il est signale que nous sommes 1800 actifs à France loisirs hors c'est une hérésie. Nous ne sommes que 1300 les 500 supplémentaires correspondent aux filiales étrangères qui elles ne sont pas du tout concernées par le redressement.

Par ailleurs le choix du gouvernement ne m'étonne qu'a moitié trop peu intéressant visiblement mais mettre 1300 personnes au chômage qu'est ce que ça représente !!?? ...
Commencez par virer tout loglibris et teralibris, les bras cassés du groupe!
France Loisirs se retrouve mélé à des politiques éditoriales idiotes et nuisibles imposées depuis des années; dépendant du groupe concurrent de Hachette ils se sont amusés à publier des auteurs de leur groupe même si ils ne se vendent pas ou mal ( Frances Fyfield, ou des romans inédits qui ne plairont jamais) puis aprés vendre des produits de beauté et se comparer à du Yves Rocher; donc les lecteurs qui ne retrouvainet pas leurs grands auteurs de la famille Hachette (Régine Deforges, PD James etc...) sont allés ailleurs ou sont partis lassés par les lotions pour le corps; il est vrai qu'a l'heure ou soi disant la primauté reste de sauvegarder l'emploi on attend que le gouvernement aide le monde de l'édition au lieu de se polluer avec les alocataires dont certains ont des primes avoisinnant les 4000€ nets/mois (je travaille dans ce milieu donc je sais de quoi je parle et ne dis pas des mensonges sur ce genre de somme)
Aussi désarmant que l'obstination féroce de notre ministre de la culture à vouloir, par fantaisie, faire voyager la Joconde pour 35 millions d'euros à chaque déplacement.
Petite rectification : le groupe n'était pas placé en liquidation quand M. Diaconu l'a repris.
A Diaconu a eu une fois de plus les yeux plus gros que le ventre !

La vente de ADS à Rakuten est déjà un coup de bol monumental...

Il est actionnaire pas manager...
Presstalis perd des millions d'euros tous les ans, par un système de distribution de la presse obsolète, relevant du crétinisme, mais les crétins du gouvernement y croient... C'est notre fric qu'ils balancent dans des poches troués!

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