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Aides aux auteurs : 1 million € disponible, mais 80 dossiers traités et 75.000 € versés ?

Nicolas Gary - 05.05.2020

Edition - Economie - aides auteurs SGDL - Franck Riester auteurs - CNL SGDL fonds


Qu’en est-il de l’aide d’urgence à destination des auteurs ? Un million d’euros confié par le Centre national du livre à la Société des Gens de Lettres, sous couvert d’une convention que personne ne souhaite dévoiler. En dépit des multiples sollicitations, aucun des deux organismes n’a apporté de précisions réelles. Alors, il faut chercher les chiffres ailleurs…


analogicus CC 0
 

Récemment, le CNL a acté lors d’un conseil d’administration quelques modifications de critères d’éligibilité : il faut désormais n’avoir publié que 2 livres, et non plus 3. Et les revenus du foyer fiscal ne sont plus pris en compte. Des améliorations, certes, mais pas vraiment de quoi devenir une aide concrète encore. 

Selon le directeur de la SGDL, qui sait parfois répondre, quelque 4000 à 4500 auteurs pourraient bénéficier de ce fonds, contre 3400 auparavant. Mais là encore, aucune précision ni sur l’origine de ces chiffres ni sur la méthodologie au doigt mouillé.
 
 


La Ligue des auteurs professionnels vient cependant de mettre la main sur quelques données. Elles résultent de la première phase d’examen des dossiers déposés, avant la révision des critères, ce 30 avril. Ainsi, « 80 auteurs ont eu accès à une aide, pour un montant total dépensé de 74.726 euros sur les 1 million d’euros abondés par le CNL », avance la Ligue.

Or, une nouvelle enveloppe d’un million d’euros a été apportée à la caisse, par les organismes de gestion collective — la SOFIA, la SCAM, le CFC, l’ADAGP et la SAIF. 

Le problème vient toutefois de ce que la SGDL s’était engagée à traiter 200 dossiers quotidiennement. Le ministère de la Culture estime que l’on compte 100.000 auteurs du livre : 312 jours ouvrés, donc 14 mois. L’idée était pourtant de répondre à « la nécessité de délivrer cette aide aux auteurs dans les plus brefs délais ». Dont acte ?

Depuis, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse a décidé de se retirer de la commission d’examen des dossiers évoquant une « cacophonie des aides ». Et d’ajouter : « Les guichets mis en place, qu’ils soient transversaux ou sectoriels, restent inadaptés et difficiles d’accès, tant par leurs critères d’éligibilité que par leur étonnante complexité et la lourdeur administrative qu’ils imposent aux principaux·ales intéressé·es. »

Le ministre de la Culture, Franck Riester, semble lui-même assez embarrassé et les réponses récemment apportées ne satisfont pas vraiment.

Les artistes, explique-t-il, « ont joué un rôle considérable, durant le confinement » et tout autant pour le déconfinement. Néanmoins, les mesures transversales présentées par le Premier ministre trouvent leurs limites : l’accompagnement, pour l’industrie du livre, dans l’urgence répond-il vraiment aux impératifs ?
 
 


La Ligue, qui ne manque pas de propositions, suggère désormais plusieurs axes pour faire évoluer la situation, véritablement en faveur des auteurs : 

– Une harmonisation des multiples guichets d’aides existants à l’adresse des artistes-auteurs, avec des critères établis avec les syndicats d’artistes-auteurs, pour éviter les ruptures d’égalité et correspondre à nos réalités ;
– Des aides complémentaires réellement complémentaires, donc cumulables, en prenant en compte la spécificité de nos revenus par nature différés dans le temps ;
– Repenser l’ensemble du plan artistes-auteurs de façon cohérente : distinguer ce qui relève de l’aide sociale, du soutien économique et de la compensation de nos pertes de revenus, comme c’est le cas pour d’autres professions ;
– Un accès en pratique de tous les artistes-auteurs au fonds de solidarité national avec une case artistes-auteurs ;
– Une identification rapide des artistes-auteurs, ce que doit pouvoir faire par l’organisme de recouvrement de leurs cotisations (URSSAF) sur la base des fichiers de l’Agessa et de la MDA.

À suivre…

Heureusement, il y eut une voix pour demander que l'argent non dépensé soit reversé au Centre national du livre. La question à 920.000 €, à cette heure, reste : l'objectif n'était-il pas que l'argent serve à aider les auteurs ?


Commentaires
Un fiasco évident, prévisible, évitable, un merveilleux trop-peu mal foutu concocté avec jouissance par des incompétents, et approuvé par une seule association d'auteurs qui va sans nul doute découvrir qu'elle ne représente plus beaucoup d'auteurs après ça....



Quand Riester affirme n'avoir pas oublié le monde de la culture, il le pense, et c'est le drame. Il faut bien se rendre compte que ces types ne comprennent RIEN au dossier en question.
C'est très triste pour les auteurs.... il vaudrait mieux qu'ils touchent directement une compensation de leur cotisations sociales ou un truc du genre....
Exactement, c'était d'ailleurs l'une des demandes pleine de bon sens de la Ligue. Ca aurait aidé tous les auteurs qui cotisent, donc qui sont par définition actif. C'était logique, pratique, réaliste.



Le seul hic, c'est que ça aurait coûté plus que les 75.000 euros mentionnés ci-dessus, et qui a mon avis ne vont pas monter beaucoup vu le nombre d'auteurs exclus de ce dispositif, ou trop las et épuisés pour aller remplir un énième dossier.
"Le problème vient toutefois de ce que la SGDL s’était engagée à traiter 200 dossiers quotidiennement. Le ministère de la Culture estime que l’on compte 100.000 auteurs du livre : 312 jours ouvrés, donc 14 mois."



Je vois que vous persistez à utiliser ce chiffre de 14 mois de traitement sur lequel je vous ai déjà donné mon opinion (à laquelle vous vous êtes bien gardé de répondre) en premier commentaire de votre article https://www.actualitte.com/article/monde-edition/150-000-eur-de-mieux-pour-la-sgdl-afin-d-aider-plus-d-auteurs/100495



Se tromper est humain, mais quelqu'un qui persiste sans arguments à la réitérer lorsqu'on l'a lui expliquée, difficile de croire à sa bonne foi. Quel dommage que vous vous décrédibilisiez ainsi, surtout que vos combats sont bons...
Arthur,



Votre raisonnement ("ça ne prendra pas 14 mois") se fonde sur le fait que vous estimez (à juste titre) que seule une petite partie des auteurs est éligible. C'est un peu oiseux, non? Le fond de l'affaire est que dans les deux cas, les auteurs se font avoir dans les grandes largeurs.



L'article est légitimement fondé sur la première hypothèse, celle du discours public du gouvernement.
Bonjour (et pardon de n'avoir pas donné suite à votre première intervention)

Tout le problème vient de cette discrimination justement : le MCC annonce 100.000 auteurs, et une volonté de venir en aide au plus grand nombre. Réduire aux 8000 de l'Agessa, de quel droit ?



En effet, la SGDL affirme défendre tous les auteurs, donc il est logique de donner le chiffre global et officiel, faisant état de la totalité des auteurs. À moins que soudain la SGDL admette la nécessité d'aider en priorité ceux et celles dépendant financièrement de leurs droits d'auteur ? Mais ce n'est pas ce qu'elle a affirmé ces dernières années, rejetant même en bloc l'idée de profession.



Votre calcul se tient donc, mais rendrait caduques une bonne partie des revendications de l'association...
Peut-être.e.e que.e La.e.s lecture.e.s illisible.s.e de.s c.e.rtain.es. rend.ent. la.es. tâche trop ardue aux littéraires que sont les écrivains ?
"Votre calcul se tient donc, mais rendrait caduques une bonne partie des revendications de l'association..." OK, je comprends mieux : vous aviez le choix entre soutenir les revendications d'une association de défense des auteurs et disons (pour employer des grands mots) l'honnêteté intellectuelle, vous avez fait le choix que j'estime mauvais (alors que je suis membre de ladite association).



La question à mille balles est pour moi "pourquoi et comment le CNL (et la SGDL ?) a-t-il choisi de tels critères d'éligibilité ?" (question à laquelle vous avez apparemment tenté, hélas en vain, d'obtenir des réponses) et non "comment se fait-il que la SGDL ait calibré à 200 dossiers par jour ?" qui semble être ce qui vous obsède. A partir du moment où les critères avaient été choisis, réduisant la population des éligibles à quelques milliers, eussiez-vous voulu que la SGDL fît en sorte de traiter 5000 dossiers par jour, à supposer qu'elle en ait les moyens ?)
Membre de ladite association, cela devrait vous permettre d'avoir accès à quelques explications.

Sauf à considérer qu'une opacité globale est nécessaire, y compris pour ses propres adhérents ?



Bien à vous
Ladite association, histoire que les choses soient vraiment claires (car je ne suis pas sûr de comprendre votre réaction) étant la Ligue des Auteurs Pro. Laquelle ne me communique rien de plus qu'à vous-même ou à n'importe qui (je ne sais que ce qu'elle communique publiquement). Vous estimez qu'en tant qu'adhérent à la LAP, je devrais avoir quelques explications sur le choix des critères d'égilibilité par le CNL et/ou la SGDL ??
Franchement les auteurs qui peuvent y avoir droit et qui n'arrivent pas à remplir ce "dossier" (un simple formulaire avec pièces à joindre), c'est qu'ils n'arrivent pas à déclarer leurs revenus aux impôts tout seuls. Connaître un minimum sa compta et tenir ses papiers à jour, ça fait aussi partie du métier, à moins d'avoir les moyens de payer un comptable !

J'ai fait ma demande pour mars et avril le 12 mai, et l'aide m'a été attribuée le 26 (et versée dans la foulée, ça va plus vite qu'avec les éditeurs ^^). Je ne fais pas partie de la sgdl et je n'ai pas de copains haut placés...

Et que l'aide soit prévue pour ceux qui tirent une majeure partie de leurs revenus des DA, et non aux universitaires (ou autres) qui publient un livre tous les 5 ou 10 ans en complément de leurs salaires, ça ne me choque pas, non.

Sur la légitimité de la SGDL pour attribuer ces aides, je ne peux pas me prononcer, ces considérations me dépassent, mais je fais partie des auteurs qui vivent de ce métier, et ma famille de 4 personnes avec, donc cette action est bienvenue, je ne compte pas ergoter sur qui traite les dossiers.

A un moment si c'est râler histoire de râler, ça ne fait rien avancer, et si certains veulent la jouer poète maudit abandonné de tous, ben, ça les regarde mais se montrer un peu débrouillard n'entache en rien l'intellect.
Je ne sais pas de quoi on parle!!!. Je suis écrivain, quelques fois édité, quelques fois auto-édité, comme la majorité des auteurs. Je reçois divers messages d'organismes qui me parlent d'aides. Jamais vu la couleur. J'ai conclu que ce n'était pas pour moi, et je me débrouille tout seul...Comme la plupart d'entre nous.
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