Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Alain Kouck détaille la stratégie du groupe Editis (Planeta)

Antoine Oury - 25.11.2013

Edition - Les maisons - Alain Kouck - Editis - PDG


Le Forum d'Avignon, grande réunion annuelle des industries culturelles, interroge à chaque édition la pertinence du secteur, son influence sur la société comme sur l'économie. La présence d'Alain Kouck, PDG du groupe Editis, un des leaders de l'édition, tombait sous le sens, et nous l'avons consulté pour en savoir plus sur l'avenir d'Editis.

 

 

Robert Laffont (Editis)

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La première question datait simplement de la veille : le groupe annonçait alors la transformation de Fleuve Noir, éditeur de livres en format poche, plutôt policiers, en Fleuve Éditions. « Longtemps éditeur de littérature de genre, nous avons progressivement étendu notre offre en nous ouvrant à la littérature générale, à la jeunesse, à l'illustré et aux essais. Autre changement notable : le nombre de parutions par an a été équilibré et comporte aujourd'hui 100 % d'inédits. »

 

Le PDG d'Editis nous explique que cette transformation s'opère pour correspondre aux nouvelles conditions de l'édition : « Dans ce cas précis, c'est une réflexion pour positionner des marques dans un nouvel environnement. Le choix du bon moment, je le laisse à l'éditeur. Ce qui est important, derrière cette évolution, c'est que nos marques se repositionnent pour être plus performantes. » Un repositionnement qui ne passe pas seulement par des transformations structurelles.

 

En effet, comme le révélait ActuaLitté, l'organigramme du groupe a récemment subi quelques modifications : Pierre Dutilleul, directeur général de Robert Laffont, cédera sa place à Cécile Boyer-Runge à la fin de l'année, qui deviendra PDG de la maison. Selon Alain Kouck, il s'agit d'« un problème d'organisation interne. Avec Robert Laffont, on recherche un nouveau dirigeant, c'est un processus tout à fait classique. »

 

Le Président - Directeur Général dément d'ailleurs toutes rumeurs d'une vente d'Editis par Planeta, « complètement infondées ». « Je peux vous assurer que ma présence ici, tout comme les évolutions observées, prouvent que nous sommes tournés vers l'avenir. » Celui-ci se construira autour d'un mot, central dans la stratégie du groupe : la création.

 

« Les éditeurs, aujourd'hui, rencontrent des problèmes dans le contrôle de leur diffusion, avec la maîtrise des grands groupes comme Amazon ou Google. Nous allons investir de plusieurs manières, mais il s'agira toujours de trouver de meilleurs auteurs, et, pour l'éditeur, d'être capable d'anticiper les dix années à venir. Cela passe par le renforcement des équipes de création, le suivi des opportunités externes, dans les domaines de la littérature, bien sûr, mais aussi de l'éducation, où les évolutions numériques sont fondamentales », explique-t-il pour détailler la stratégie adoptée.