Alain Kouck président du SNE : Hachette dénonce un coup de force et prend congé

Clément Solym - 22.03.2010

Edition - Société - SNE - Kouck - président


Ah, ça fait tout de même plaisir de constater que l'on ne vous raconte pas de bêtises, tout de même. Alors que nous annoncions vendredi qu'une éventuelle nomination d'Alain Kouck au poste de président du SNE posait quelques problèmes à de gros acteurs, Livres Hebdo confirmait ladite nomination, en ajoutant que la prise de fonction était immédiate. Soit le vendredi 19 mars.

Nous étions en attente de la réaction du groupe, cette dernière vient de tomber à l'instant.

En effet, selon l'hebdomadaire professionnel, l'actuel PDG du groupe Editis, avait été « élu à l'unanimité pour remplacer Serge Eyrolles, à la présidence du SNE », pouvait-on lire sur le site. Sauf que « la réunion du Bureau ne s'étant en aucune façon déroulée comme décrit », le groupe Hachette Livre a « demandé des explications au SNE ».

Tout d'abord, note-t-on, Serge Eyrolles n'avait en aucun cas démissionné, ayant simplement annoncé son départ, « sans fixer d'échéance précise ». En outre, rappelle le groupe Hachette, « le remplacement du président du SNE ne peut être décidé par le Bureau, mais doit faire l'objet d'un vote de tous les adhérents, à l'occasion d'une assemblée générale ». Eh oui, c'est assez logique. Sauf que le 17 mars, aucun vote n'a eu lieu au Bureau, note Hachette.

« Si un vote avait eu lieu, il n'aurait pas été “unanime”, car les deux représentants de Hachette Livre au Bureau, à tout le moins, auraient voté contre. » Quand on vous disait donc que la nomination de Kouck ne ferait pas sans que ça coince un peu...

Cependant, à ce jour, le SNE n'a pas publié de démenti, et évoque une « présidence tournante », qui avait « été évoquée lors de la réunion du Bureau du 17 mars et qui devait faire l'objet de discussions approfondies cette semaine ». Ainsi, on nage dans un « désordre créé par ce coup de force », et, estime Hachette groupe, en l'état actuel des choses, « le SNE n'a pas de présidence légitime ».

Par conséquent, c'est une assemblée générale extraordinaire, que réclame le groupe, « seule instance en mesure de restaurer une gouvernance dans la profession et de faire émerger un consensus sur ses instances représentatives ».

Et de conclure : « Les manipulations auxquelles se sont livrés certains à partir de discussions informelles du Bureau conduisent Hachette Livre à prendre congé des instances du SNE, dans l'attente de cette assemblée générale extraordinaire. »

Contacté par ActuaLitté, le SNE n'était pas disponible pour nous répondre. Dommage.