Alain Soral condamné pour cinq ouvrages antisémites

Nicolas Gary - 14.11.2013

Edition - Justice - Alain Soral - ouvrages antisémites - condamnation


Dans son jugement, le tribunal de Bobigny vient d'interdire un ouvrage édité par Alain Soral, et d'en censurer partiellement quatre autres. La Licra, à l'origine de la plainte déposée contre l'essayiste, n'a pas encore réagi à cette information.

 

 

 

 

Alain Soral est fondateur et directeur de la maison Kontre Kulture. En juin dernier, la Licra avait estimé que les titres qu'il avait fait paraître « constituent un mode d'expression outrageant et méprisant à l'égard de l'ensemble des personnes d'origine ou de confession juive », « incitent à l'antisémitisme et au négationnisme » et « causent à l'ordre public un trouble manifestement illicite ».

 

Le livre de Paul-Eric Blanrue, L'anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, paru en 2013, et commercialisé sur le site Kontre Kulture, dispose maintenant d'un mois pour être retiré des ventes, selon une décision du juge des référés. En parallèle, ce sont plusieurs passages d'oeuvres publiées entre le XIXe et le XXe siècle qui sont concernés par des coupes franches.

 

Ainsi, La France juive, d'Edouard Drumont, Le salut par les juifs de Léon Bloy, Le juif international d'Henry Ford ainsi que La controverse de Sion, de Douglas Reed, qu'Alain Soral avait édités, devront connaître quelques substantielles modifications.

 

La cour de justice considère que les livres présentent des cas « d'injure envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion déterminée ». Elle évoque également la « négation de crime contre l'humanité » et des propos qui seraient une « provocation à la haine raciale », rapporte l'AFP.

 

Pour ces faits, la maison d'édition, ainsi que l'éditeur, sont condamnés à verser un montant de 8000 € à la Licra, et à rembourser une partie des frais de justice engagés. La Licra avait pour sa part demandé 20.000 € de dommages-intérêts, pour chaque ouvrage. 

 

Une semaine qui embraye sur une autre, pour Alain Soral : ce dernier, le 8 novembre, a été condamné pour diffamation, à l'encontre de Bertrand Delanoë, maire de Paris. Dans une vidéo, l'ancien membre du FN avait déclaré : « Je vous dis pas la fortune cachée que doit avoir un type comme le maire de Paris pour toutes les rétrocommissions qu'il doit toucher depuis des années sur les travaux qui sont faits sans appel d'offres et qui font que Paris est un chantier permanent [et] en général, d'ailleurs, absurde. »