Albert Camus, une difficile célébration en Algérie

Clément Solym - 22.02.2010

Edition - Société - Camus - cinquante - anniversaire


Si l’auteur de L’Etranger reste fortement plébiscité en France, il n’en va pas de même sur les terres qui l’ont vu naître en 1913. Alors qu’on commémore les cinquante ans de la disparition d’Albert Camus, le climat n’est pas à l’apaisement autour de son nom en Algérie.

Ceux qui attendaient de nombreux événements de l’autre côté de la Méditerranée seront certainement déçus en apprenant qu’il ne fait pas vraiment bon lire L’Etranger en Algérie. C’est ainsi que nos confrères du Monde relèvent même qu’il circule actuellement un texte titré « Alerte aux consciences anticolonialistes » qui dénonce la « fête camusienne » comme une forme de « réhabilitation du discours de l’Algérie française ».

Derrière le nom de Camus, c’est un véritable conflit de l’époque de la décolonisation qui refait surface. Le silence de l’auteur de La Chute durant la guerre d’indépendance reste très mal vécu sur la terre qui l’a vu naître.

Et toute tentative de célébration de l’œuvre d’Albert Camus se heurte rapidement à de nombreuses difficultés de réalisation. Le gouvernement ne donne pas facilement de l’argent pour ce type de projets. Pour autant, cela reste une bataille conduite par l’arrière-garde et les nouvelles générations algériennes connaissent très peu l’œuvre de Camus.