Alexandre Bompard attend «l'harmonisation des règles fiscales»

Nicolas Gary - 02.09.2014

Edition - Justice - Alexandre Bompard - Fnac fiscalité - concurrence Europe


Cette matinée était consacrée à la Fnac. L'ancien agitateur public remettait son prix du roman, cette année attribué à Benjamin Wood pour Le Complexe d'Eden Bellwether (traduit par Renaud Morin, chez Zulma). En présence du PDG, Alexandre Bompard, venu accueillir le lauréat, la récompense donnait l'occasion de rappeler, au Théâtre du Châtelet, quelques grands points de la relation entre l'enseigne et le monde du livre.

 

Julie Bonnie, Alexandre Bompard, Benjamin Wood - Prix du Roman Fnac 2014

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Julie Bonnie, lauréate 2013, Alexandre Bompard, PDG Fnac, Benjamin Wood, lauréat 2014

 

 

 

Et le PDG positionne Fnac comme représentant de la diversité éditoriale, et « première librairie de France », avec 50 millions de livres vendus chaque année et 400.000 références de livres – soit 23 % du chiffre d'affaires de la société. « Le combat pour la diversité littéraire, c'est la Fnac qui l'incarne. »

 

Ce matin ActuaLitté annonçait également l'arrivée en poste de la Directrice du livre Coralie Piton, venue de Canal +. « Une jeune femme de grande valeur pour nos équipes, qui va poursuivre et intensifier le travail mis en place avec Enrique Martinez et Élodie Perthuisot depuis deux ans. » Et mener plusieurs actions spécifiques, « le combat pour la diversité, le combat pour l'accessibilité, le renforcement de l'attractivité et du lien entre nos magasins et Fnac.com. » Une stratégie multicanal, qui « représente un véritable atout, face aux concurrents pure players ».

 

Dans son discours, le PDG revendiquait déjà le combat pour cette diversité, incarné par les équipes, de longue date. « Ce combat pour le prix juste, ce combat pour le prix le plus accessible, pour les lecteurs, j'ai l'envie et l'intention de toujours le mener à bien. » C'est la raison pour laquelle, à l'occasion de la loi sur la vente à distance de livres, l'enseigne a fait le choix, « de faire cumuler pour nos clients, la remise de 5 % et la livraison gratuite pour toutes les commandes sur internet, qui sont retirées en magasin ».

 

Sur le domaine de la diversité, la concurrence avec des acteurs dont on n'ose aujourd'hui presque plus citer le nom, le PDG de Fnac attend que la Médiatrice du livre prenne ses fonctions. Plusieurs sujets, « que j'ai envisagés depuis ma prise de fonction, méritent qu'on leur accorde la plus grande attention ». Évidemment, on pense à la TVA, pour le livre numérique, sachant que la question des frais de port offerts et de la remise de 5 % est déjà réglée.

 

« Sur ces éléments, j'ai déjà saisi les pouvoirs publics, notamment celui de l'harmonisation des règles fiscales. Sur ce point, je me rapprocherai du Médiateur du livre, pour échanger. Ce sont des sujets qui relèvent principalement de négociations entre États, et entre les gouvernements. » Ces règles fiscales qui permettent aux acteurs américains de profiter d'optimisations restent « la plus grande préoccupation de Fnac. Et je poursuivrai dans ce sens, pour que les règles du jeu soient équitables ».

 

Cette concurrence exercée par les acteurs américains, « ne nous gêne pas du tout et nous ne la refusons pas, et, je vais vous faire une confidence, à titre personnel, elle me stimule énormément ». Mais cette concurrence doit se faire « à armes égales. J'aime bien, quand je fais un match de tennis, me dire que l'on compte les points de la même manière. Notre seule demande est que cette concurrence soit équitable, qu'elle existe, mais que nous n'ayons pas face à nous des concurrents qui bénéficient d'avantages fiscaux, ou réglementaires indus. Et c'est tout le sujet, le grand et essentiel sujet de l'harmonisation des règles sociales et fiscales. »

 

Espérant que le parlement [Européen, NdR] soit « conscient de ces sujets, nous attendons des réponses fermes, une volonté, une détermination, un volontarisme politique ».

 

Pour ce qui est de la rentrée littéraire, qui occupe et mobilise les médias, pour encore quelques semaines, l'enseigne est plutôt satisfaite – et la remise du prix du Roman, qui traditionnellement donne le coup de feu, la refléterait justement. Pas trop d'ouvrages, cependant ? « On a souvent tendance à le dire, mais cette rentrée est très particulière, avec beaucoup d'œuvres très originales, à l'image du livre des éditions Zulma que les libraires Fnac viennent de récompenser. »

 

« Riche, dense, diverse, nous sommes en présence d'une rentrée avec des livres coups de cœur et des surprises. Je suis particulièrement impatient de voir comment les lecteurs s'approprieront les livres qui viendront, et ceux qui les attendent déjà. »