Alexandre Bompard demande aux éditeurs de sauver le livre

Antoine Oury - 20.03.2013

Edition - Economie - Fnac PPR - Alexandre Bompard - Président Directeur Général


Dans une interview spécialement accordée à l'hebdomadaire Paris Match, le président - directeur général de la Fnac, Alexandre Bompard, lance un appel à destination des éditeurs, pour que ces derniers se mobilisent en faveur de la chaîne de magasins. Tout en refusant d'évoquer une quelconque crise pour la Fnac, Bompard en appelle à une réforme globale du système de distribution français.

 


La FNAC

dennis and aimee jonez, CC BY-SA 2.0

 

 

D'après le PDG de la grande surface culturelle, les éditeurs « n'ont pas totalement pris conscience des effets néfastes qu'il y aurait à se trouver dans un face-à-face avec Amazon ». La raison pour laquelle le soutien de ces derniers à des chaînes physiques en difficulté, du type Virgin ou, même si Bompard se veut rassurant, Fnac, n'est pas tonitruant. Et, si auteurs et éditeurs fournissent un travail « formidable », ce sont bien « conseil et la prescription des libraires qui mettent en avant un large catalogue d'ouvrages ».

 

Trop large, peut-être, le catalogue : « Des centaines de milliers de titres présents dans nos catalogues ne se vendent pas une seule fois dans l'année et représentent des avances de trésorerie importantes » explique Alexandre Bompard. La solution, pour le P.D.G., serait de partager les coûts générés par les stocks, et de faire participer les éditeurs au processus de vente en sollicitant leur aide.

 

Écartant sans surprise la possibilité d'un exil fiscal pour le siège de la Fnac, mais réclamant des règles fiscales qui placent à égalité e-commerce et commerce physique, le patron de la Fnac n'est évidemment pas favorable à la suppression du rabais de 5 % (qui passe par la carte de fidélité dans le cas de la Fnac), évoquée pendant un temps pour aider les libraires indépendants à faire face à la concurrence. « Le livre doit rester à un prix accessible : il faut éviter que le consommateur ait une perception de cherté. N'oublions pas qu'en 2012 le marché français a reculé de 2 % » lance-t-il, laconique.

 

Alexandre Bompard souligne également son attachement au marché du livre numérique, qu'il a souhaité développer dès son arrivée à la tête de la Fnac, afin d'éviter le monopole d'Amazon. Pour le reste, Bompard y croit : « Les ventes progressent très rapidement, mais elles représentent aujourd'hui 1 % à peine du marché du livre. Dans trois à cinq ans, elles pourraient atteindre les 10 % », avance l'énarque PDG.

 

Au mois de juin prochain, la Fnac sera introduite en Bourse : l'occasion pour la chaîne de magasins de se refaire une santé en attirant des investisseurs, mais également une prise de risque conséquente, qui n'a pas empêché à Virgin l'étape du redressement judiciaire...