Alice au Pays des Merveilles, et son auteur, aux Enfers

Antoine Oury - 17.02.2014

Edition - Les maisons - Lewis Carroll - Charles Dodgson - Alice au pays des Merveilles


Si tout le monde ou presque connaît Lewis Carroll comme l'auteur des aventures d'Alice aux Pays des Merveilles, ainsi que de son passage De l'autre côté du miroir, le véritable homme, caché par un pseudonyme, aurait préféré que le personnage fictif garde tout son mystère. Charles Dodgson vivait en effet très mal le succès de son livre, et la notoriété qu'il a générée.

 


Grave of Lewis Carroll

Une identité qui l'aura suivi jusque dans la tombe (Mike Lawrence, CC BY-SA 2.0)

 

 

« Parfois, je souhaiterais presque n'avoir jamais écrit de livres. » : un auteur en détresse, pour des ouvrages devenus trop populaires ? En tout cas, Charles Dodgson n'emprunte pas de chemins détournés lorsqu'il évoque ce que les succès d'Alice au Pays des Merveilles et De l'autre côté du miroir ont pu lui apporter de regrettable.

 

Dans une lettre inédite, envoyée à une certaine Mrs Symonds le 9 novembre 1891, et en vente aux enchères chez Bonhams le mois prochain, Dodgson se plaint de l'esclandre autour de ses livres, et du fait que son pseudonyme ne soit plus suffisant à garantir son anonymat. « Tout ce tapage a fait que des individus ont entendu mon vrai nom, l'ont lié au livre, à ma personne et je suis observé par des étrangers, considéré comme un "lion" », écrit-il.

 

Un « lion » en cage, plus précisément, puisqu'il recevait chez lui des dizaines, voire des centaines de demandes d'autographes. À l'époque, même la reine Victoria s'était déclarée fan de ses ouvrages... L'auteur avait donc pris l'habitude de renvoyer une lettre stipulant qu'il n'avait aucun lien avec Carroll ou les ouvrages cités... 

 

De nombreux pairs jalousaient la renommée de Dodgson, et prenaient son attitude pour un snobisme un peu méprisant. Ce à quoi il répond, dans la même lettre : « Nous ne somme pas fait de la même manière, ce que nous aimons ou détestons diffèrent grandement. » La classe.

 

(via The Guardian)