Alice Munro, une Nobel plus si certaine de prendre sa retraite

Clément Solym - 24.10.2013

Edition - International - Alice Munro - Prix Nobel de littérature - retraite


Sacrée Prix Nobel de Littérature depuis moins d'un mois, la Canadienne Alice Munro, âgée de 82 ans, a déjà annoncé qu'elle ne se rendrait pas à Stockholm pour recevoir son prix. De quoi mettre dans l'embarras l'Académie Nobel, dont le secrétaire Peter Englund avouait ne pas savoir comment se déroulerait la cérémonie. 

 

 

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 l . e . o, CC BY 2.0

 

 

Or, plus tôt dans l'année, Alice Munro avait également expliqué qu'elle arrêtait d'écrire. Pourtant, les histoires continuent d'affluer à son esprit, et maintenant, elle n'est plus si certaine de sa volonté d'arrêter l'écriture. Certes elle est fatiguée, et s'est remise d'un cancer et d'une maladie cardiaque, mais avec le temps, c'est aussi la mémoire qui souffre - un thème que l'on retrouve souvent dans ses récits. 

 

« Chaque jour, des messages contradictoires me parviennent, quant à savoir si je prends ma retraite. J'ai promis de le faire, mais désormais, j'en ai une autre idée », reconnaît-elle. La Nobel avait pris l'habitude de dire qu'à ses débuts, le Canada manquait d'écrivains locaux - une bien étrange situation trouvait-elle - mais désormais, ils sont un peu plus nombreux sur la scène mondiale. 

 

Retraitée, ou pas retraitée, ce qui est certain c'est qu'elle n'acceptera pas que des ouvrages inachevés ou des titres inédits paraissent après sa mort. « Détruisez-les », ordonne-t-elle. 

 

Les histoires de Munro se déroulent souvent autour des terres agraires du sud-ouest de l'Ontario. Une région qu'elle connaît très bien pour y avoir vécu. Son pére était éleveur de renard et de vison : agriculteur d'origine écossaise, c'est à lui qu'elle aurait voulu dédier son Nobel, parce que les histoires qu'elle raconte proviennent souvent de ce que la famille avait l'habitude de raconter. 

 

L'Académie Nobel l'a qualifiée de « maître de l'histoire courte contemporaine », et surtout, « portraitiste fantastique des êtres humains ». Elle n'a effectivement pas son pareil pour retracer les conflits moraux qui, chez ses personnages, et particulièrement les femmes, montrent les relations complexes entre les deux sexes.  

 

via Wall Street Journal