Alien, le sacre du Xenomorphe dans une anthologie hors norme

Nicolas Gary - 20.04.2017

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Tout spectateur garde à l’esprit cette créature crevant littéralement l’estomac d’un cosmonaute, dents affûtées, et déjà braillarde... Une star envahissante était née en 1979, et l’on n’avait pas fini de l’entendre – quand bien même dans l’espace, vous pouvez toujours hurler... Aujourd’hui, c’est Bragelonne qui dépoussière méchamment l’USCSS Nostromo...

 

 

 

Tout le monde connaît les différents films de Ridley Scott, James Cameron et David Fincher – y compris le prodigieux opus de Jean-Pierre Jeunet. Depuis 28 ans, Alien, cet éternel huitième passager, plutôt turbulent, angoisse, terrorise et sème la mort, juste parce que ça le faire rire. 

 

Chez Bragelonne, David Oghia se déclare volontiers fan de la bestiole. « Je l’ai rencontrée alors que j’étais en Angleterre, en voyage : il y avait cette fille de ma famille d’accueil, magnifique, et Le huitième passager, qui était diffusé à la télévision, deux ans après la sortie au cinéma. Je n'ai eu d’yeux que pour elle. »

La créature, bien entendu.

 

Quelques années plus tard, Bragelonne a racheté les droits de traduction des romans publiés alors. C’est un certain Dean Foster qui avait écrit le livre, « sans avoir vu le film, uniquement sur la base du scénario », note David Oghia. Un travail d’excellente facture, « Dean Foster est un bon écrivain de SF, c’est incontestable ». 

 

Et la maison s’intéresse depuis longtemps à différentes licences : les James Bond de Ian Fleming, les Indiana Jones. « Parfois, on s’est trompé sur le potentiel du livre comme avec Star Trek ou Docteur Who pour lesquels les lecteurs français restent encore très restreints. Stéphane [Marsan] et Alain [Névant] ont racheté pas mal de novellisations, parce que ce marché nous intéresse vraiment. »

 

Cette année, comme toujours, l’AlienDay a donné rendez-vous le 26 avril aux amateurs. Mais Ridley Scott double l’enjeu, avec la sortie de Alien:Covenant, cette année. « Nous avons tous les livres, et on souhaitait faire quelque chose de plus qu’une réédition », indique Davig Oghia. 

 



 

L’idée d’un omnibus germe, « le type de livre qui donne envie de bazarder ses versions poche ». Le projet se monte grâce à Philippe Carini, designer graphique, qui a participé à la réalisation de cette anthologie que publie Bragelonne.

 

« Je connais Giger depuis 1984, et j’ai régulièrement travaillé avec lui sur des expositions, à partir de 97. J’ai d’ailleurs réalisé un agenda en 2003 pour son musée, puis un livre pour les 10 ans du musée. » Or, sans Hans Ruedi Giger, pas d’Alien : c’est lors d’une rencontre avec l’artiste suisse à Paris que Ridley Scott, conquis par ses dessins, embarque le créateur dans l’aventure. 

 

Philippe Carini et David Oghia avaient déjà collaboré ensemble, pour la Nuit Ridley Scott – le designer avait réalisé l’affiche de cette soirée cinéma. Et il avait récidivé par la suite pour la Nuit Alien. « J’ai mis David en relation avec Carmen, la veuve de Giger. Et la magie a opéré. »

 

À ce jour, la plupart des dessins de Giger ont été publiés, « il n’existe plus rien d’inédit », indique David Oghia. Et pourtant, grâce à Carmen Giger, l’éditeur va réaliser un travail iconographique, multipliant les rencontres. « J’ai découvert des choses invraisemblables, notamment sur les films grâce à Dennis Lowe, l’un des techniciens des effets spéciaux d’Alien, que Philippe Carini m’a fait rencontrer et qui m’a donné accès à ses incroyables archives. J’ai utilisé quelques-unes des meilleures images de la photothèque de Dennis et ses amis du staff d’Alien, mais ça m’a donné très envie de mettre en chantier un livre sur les making of d’Alien. »
 

Dans le joli monde des xénomorphes

 

C’est tout de même ainsi que se profile l’anthologie, plus de 850 pages réunissant les différents romans, accompagnés de 140 photos et illustrations liées à la quadrilogie sur 68 pages. « Des photos prises durant les tournages, on a finalement souvent vu les mêmes, et sans savoir qu’il y a des centaines d’inédits. »

 

En soi, l’anthologie offre non seulement le moyen de « mettre en avant les romans du patrimoine SF chez Bragelonne », mais aussi d’aller chercher de nouveaux lecteurs. « Le livre a été conçu comme un objet véritable avec une démarche de packaging spécifique : on ne peut pas présenter un pareil livre avec des documents inédits en France, sans offrir un écrin mortel », insiste David Oghia.



 

 

Philippe Carini précise : « J’ai présenté quelques projets de couverture avec des concepts différents. L'intention était aussi de concevoir la couverture de ce livre comme un objet. C'est pourquoi différentes finitions sont présentes : un pelliculage qui donne l’impression de toucher une peau (pelliculage soft touch), un embossage pour le titre et un vernis 3D pour les dents. »

 

En attendant la sortie officielle, le 19 mai, le livre est proposé en précommande – attention offre limitée pour les amateurs. Et d’ici à la sortie du film en août, on pourra alors se replonger dans des univers délicieusement sombres, dans le silence effrayant des espaces infinis.