Alison Louise Kennedy : une malade de la plume retrouve la santé

Clément Solym - 17.08.2012

Edition - International - AL Kennedy - Ecriture - Portrait


À l'occasion de l'Edinburgh International Book Festival, qui se tient dans la capitale écossaise jusqu'au 27 août, Alison Louise Kennedy a répondu aux questions de l'éditrice Sarah Crown. Les deux femmes sont collaboratrices au Guardian. Au cours de cette entrevue, l'écrivaine dénonce les dangers de son métier d'auteure. L'occasion de revenir sur les années difficiles de l'auteure qui récupère enfin de sa maladie. 

 

 

 

 

L'Écossaise est connue pour ses inépuisables ressources créatives. Auteure, mais également comédienne en stand-up, elle a par ailleurs enseigné l'écriture. Elle a publié dernièrement une série d'essais sur les défis auxquels doivent faire face de nos jours les écrivains.

 

Sa dernière nouvelle publiée l'an dernier, The Blue Book, évoquait le thème de la maladie à travers l'histoire d'un couple traversant l'océan sur un paquebot. Elle a rédigé cet ouvrage malgré un faible état de santé, et son effort fut récompensé par l'attribution d'un prix littéraire.

 

En 2011, sa constitution physique était inquiétante, et sa faiblesse perceptible au travers de ses colonnes au sein du Guardian. Elle écrivait : « Imaginez-moi dans un plat en ébullition quelque part à Soho, allongée, vomissant, saisie de crises de panique à écouter les hélicoptères grondant au-dessus. Et pleurant si j'avais quelque chose de compliqué à faire... comme mettre mes chaussures ou essayer d'évoquer mon agenda avec mon éditeur. J'étais un peu fatiguée. Écrire une nouvelle en 11 mois au lieu de 13 n'est pas une bonne chose. Je me console en me disant qu'écrire deux livres à l'année a donné des hallucinations à Muriel Spark. »

 

Après une année délicate, elle retrouve peu à peu la santé vers décembre 2011. Sa moelle osseuse a repris de la consistance, son ulcère finit par guérir tandis que son H. Pylori a cessé de la tourmenter. Toujours convalescente, les choses vont cependant beaucoup mieux. Sa sombre expérience a même eu du bon au final, déclare-t-elle. Jonathan Cape souhaite adapter ses interventions dans les colonnes du Guardian à l'occasion d'un livre qui sortira en mars 2012. 

 

Elle reconnaît faire partie de ces écrivains torturés qui ont sacrifié une part de leur santé pour leur art. Pendant des années elle s'est comportée en maniaque de l'écriture, mettant peu à peu de côté des éléments essentiels du quotidien, comme le sommeil, la nourriture et la santé. Elle accordait en proportion dans sa vie une place croissante à son surmenage. 

 

Elle évoque les ennuis de santé qui sont le lot des métiers d'écriture : les maux de dos dus à une mauvaise position de travail, les douleurs au cou et à la tête, les pertes de voix... Selon elle : « Il y a les auteurs qui se sont rendus malades en écrivant, et ceux qui ont écrit parce qu'ils étaient malades ».

 

Désormais, Alison Louise Kennedy promet de prendre un autre rythme de travail. Après avoir subi les contrecoups de l'activité effrénée de ses trente ans, elle ne voudrait pas reproduire cette erreur. 

 

 Crédit photo site officiel