Allemagne : Amazon demande plus de remises sur les livres numériques

Nicolas Gary - 25.06.2014

Edition - Justice - Allemagne Amazon - éditeurs remises - ebooks négociations


Amazon a immédiatement réagi au dépôt de plainte de la Fédération allemande du Commerce du livre. La Börsenverein des Deutschen Buchhandels auf Anfrage, a estimé que la firme américaine profitait d'une position dominante pour faire pression sur le groupe d'édition Bonnier, présent sur le territoire allemand. 

 

Fakir Danbo

Tim RT, CC BY ND, 2.0

 

 

« Les pratiques commerciales d'Amazon ont un effet non seulement sur les éditeurs, mais représentent également un danger pour tous les distributeurs et fournisseurs d'ebooks en Allemagne », expliquait Alexander Skipis, le directeur général de la Fédération. 

 

Pour cette dernière, les nouvelles exigences commerciales, propres à Amazon, n'étaient que l'expression de la puissance du marchand, particulièrement bien implanté en Allemagne. Devenu indispensable pour les éditeurs aujourd'hui, le revendeur pourrait toutefois être confronté aux législations sur la concurrence. 

 

Dans sa réponse, la firme de Jeff Bezos nie en bloc : une partie de la plainte porte sur le fait que la société retarderait « les livraisons aux clients - cette affirmation n'est pas vraie ». Et de rappeler que pour certaines publications de Bonnier, il y a simplement moins d'achats de stocks qui ont été faits qu'à l'ordinaire. « Les commandes de titres que nous avons en stock, nous les expédions immédiatement. Pour les titres qui sont temporairement indisponibles, les clients peuvent toujours les commander - et nous commandons à Bonnier. »

 

Rien que du classique, donc. Et si des délais de livraison sur un titre apparaissent, cela relève « de la période nécessaire pour que Bonnier exécute nos commandes. Une fois que les titres commandés nous parviennent, nous les envoyons immédiatement aux clients ». (avec Buchreport)

 

Mais la firme ne s'est pas contentée de répondre sur la question des délais de livraison, et a souhaité apporter un certain éclairage sur le contexte. « Il est largement admis que les livres numériques devraient coûter moins cher au client que l'édition imprimée correspondante - en numérique, il n'y a pas d'impression, de transport, de stockage ni de retours », glisse Amazon.

 

« Nous croyons que cela devrait aussi se refléter dans les conditions auxquelles les libraires achètent leurs livres auprès des éditeurs, et c'est le cas dans les accords que nous avons avec les éditeurs du monde entier, y compris en Allemagne. » Or, pour ce qui est du catalogue de Bonnier, filiale du groupe de média international pesant 3 milliards €, souligne Amazon, « ils nous demandent de les acheter beaucoup plus cher quand nous vendons une édition numérique que lorsque nous vendons une édition imprimée du même titre ».

 

Le fond du problème repose donc sur les marges et remises accordées par les éditeurs sur les livres numériques, l'un des motifs avancés pour expliquer le conflit qui oppose Amazon à Hachette Book Group.