Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Allemagne : dépôt de bilan pour la librairie Weltbild

Nicolas Gary - 11.01.2014

Edition - Librairies - Weltbild - librairie allemande - groupe d'édition


C'en est fini pour le libraire Weltbild, qui a déposé le bilan ce vendredi : une chute drastique des ventes et l'impossibilité de trouver un nouveau financement ont eu raison de la société. L'entreprise allemande, qui reposait sur la vente par correspondance, a eu beaucoup de mal à suivre la concurrence avec Amazon, et durant le second semestre 2013, son chiffre d'affaires a pris cher. Très cher.

 

 

Weltbild Mallverkäufe

weltbildschweiz, CC BY 2.0

 

 

Le niveau des ventes, inférieur à ce qui était prévu pour les trois prochaines années, contraint le libraire, affilié à l'Église catholique romaine, à poursuivre une lourde restructuration. « Contrairement aux attentes de la direction, le financement nécessaire ne sera pas disponible », précise un communiqué. 

 

Les 12 diocèses qui possèdent Weltbild-Vertlag, l'un des plus importants éditeurs d'Allemagne, avaient mis au point un projet de sauvetage en novembre dernier, qui ne sera pas parvenu à son terme. Pourtant, en septembre 2013, le groupe niait que son avenir fût menacé. De gros investissements avaient été réalisés par les différents diocèses pour maintenir la structure hors de l'eau. 

 

Depuis plusieurs années, les propriétaires travaillent à différentes stratégies pour que perdure le groupe. Voilà deux ans, ils avaient même été accusés de faire des bénéfices en vendant des ouvrages érotiques - un véritable scandale outre-Rhin.

 

Avec près de 6800 salariés, le groupe d'édition Weltbild GmBH ne met pas un terme à l'ensemble de ses activités. Bien entendu, l'insolvabilité du secteur librairie aura des répercussions sur la maison d'édition. Par ailleurs, le dépôt de bilan effectué dans le tribunal d'Augsburg, dans le sud de l'Allemagne, n'affectera pas les filiales situées en Autriche ni en Suisse, pas plus que le site buecher.de.

 

Reste que ce sera bien la transition numérique qui aura coûté sa place à celui qui était le deuxième plus grand libraire du pays. Et à ce titre, l'éditeur semble tirer les leçons de son échec : sa volonté est d'augmenter les ventes de livres numériques de 5 % aujourd'hui, à 25 voire 30 % d'ici à trois ans.