Allemagne : Fin prochaine de la plateforme d'ebooks Libreka

Clément Solym - 26.06.2013

Edition - Economie - plateforme d'ebooks - Libreka - Allemagne


C'est à l'occasion de la Foire du livre de Leipzig que la plateforme Libreka avait été dévoilée, le 12 mars 2009. Le but était d'offrir d'ici trois à cinq ans tout ce qui est disponible en allemand aux lecteurs, par le biais de ce service en ligne. On évoque ainsi de 500 à 700.000 livres. Leur prix sera fixé par les éditeurs et les fichiers seront lisibles par différents lecteurs. Eh bien le sujet est presque clos.

 

 


 

 

Le prestigieux projet avait été monté voilà quatre ans par la Börsenverein (Fédération allemande des éditeurs, distributeurs et des revendeurs, réunissant les libraires, les grossistes et les chaînes), il avait été rejoint par plus de 1000 éditeurs, soucieux de prendre part au projet. Pourtant, dès son lancement, le portail de vente avait souffert de vives controverses dans le pays. L'offre était maigrelette et loin de l'ergonomie particulièrement appréciée des Allemands, que l'on pouvait retrouver sur le site Amazon. 

 

En outre, en dépit d'investissements massifs, le projet encaissait une volée de bois vert, dès l'automne 2009, toujours sur les mêmes questions. Avec 14.000 titres au catalogue à l'époque, et en dépit de la fin des DRM, auxquels on avait privilégié le watermarking, la plateforme ne décollait pas. De fait, Libreka préfigurait une autre aventure catastrophique, en France, 1001libraires. 

 

Le libraire devait s'inscrire à un programme, sorte d'affiliation, et quand une vente était opérée, l'éditeur percevait 70 %, puis 25 % revenaient au libraire et 5 % à la plateforme. 

 

Or, dans un récent document, le Börsenverein a affiché des résultats financiers en recule, avec un retrait même de ses membres. Libreka aurait vendu 10 millions de fichiers, mais accusait une légère baisse des ventes, avec une diminution du bénéfice allant au MVB, Marketing und Verlagsservice des Buchhandels, le syndicat des libraires, qui prévoyait d'en faire la plateforme centrale pour la commercialisation de livres numériques. (via BuchReport)

 

Le chapitre Libreka devrait donc prochainement prendre fin, explique Roland Schild à Lesen, actuellement à la tête di portail. En 2010, Libreka avait pourtant ouvert ses portes aux éditeurs américains et étrangers, plus largement, pour s'assurer  une meilleure présence sur le réseau. À cette époque, elle contenait 130.000 ouvrages, libres de droits, et 25.000 titres à la vente. 

 

Côté français, c'est Numilog qui avait signé avec la plateforme, pour commercialiser les 80.000 titres de son catalogue. « La coopération avec libreka! est une étape importante pour proposer aux lecteurs européens l'accès le plus large aux livres numériques européens. De plus, c'est une démarche qui permettra aux librairies indépendantes de commercialiser le même catalogue global que les acteurs mondiaux », expliquait alors Denis Zwirn, PDG de la société, fraîchement libérée du joug de Hachette Livre.