Allemagne : l'éditeur Suhrkamp, insolvable, sous protection de la loi

Clément Solym - 31.05.2013

Edition - Economie - éditeur allemand - Suhrkamp - faillite


L'éditeur allemand Suhrkamp vient de se placer sous la protection de la loi, pour tenter de faire face à son actuelle insolvabilité, depuis le début de la semaine. Aucune date n'a encore été fixée pour déterminer la période durant laquelle cette protection sera mise en place. Pour l'éditeur le plus populaire d'Allemagne, la situation commence à sentir la bière éventée...

 

 

Noch einmal nach Kastalien

Noch einmal nach Kastalien de Max Braun

(CC BY-SA 2.0)

 

 

Depuis le 27 mai, la procédure de protection contre l'insolvabilité a été réclamée à la Cour de Berlin. Selon un porte-parole de la société, Tanja Postpischil, explique que la demande a été accordée, mais que toutes les demandes importantes sont désormais soumises aux avocats. Et principalement celles relatives aux mesures de « restructuration durable » que la société souhaite mettre en place. L'éditeur espère toutefois clore le dossier dans quelques mois. 

 

Le cas Suhrkamp est d'école : le sort de l'éditeur est entre les mains de deux autres maisons, Ulla Unseld-Berkéwicz, qui détient 61 % des actions de la compagnie, au travers de la Unseld Familienstiftung, et un actionnaire minoritaire, Hans Barlach, qui, au travers de Medienholding Winterthur, dispose des 39 % restant. 

 

Or, depuis cinq ans, les deux acteurs se battent pour emporter le contrôle de la maison, et tous les coups ont été permis jusqu'à présent. La liste des accusations portées est longue, et l'on a déjà entendu parler de détournement de fonds, de mauvaise gestion ou de conduite des affaires inconsidérée. D'ailleurs, en mars dernier, Barlach avait proposé de reprendre l'intégralité de la maison Suhrkamp, mais Unseld-Berkéwicz a refusé son offre. 

 

Fondée en 1950, la maison Suhrkamp est l'une des plus prestigieuses d'Europe, avec des auteurs de renom international, comme Herman Hesse, Bertolt Brecht, Thomas Bernhard, ou Paul Celan. Dans la résolution du conflit qui oppose les deux acteurs, l'arrivée d'un tiers a été envisagée : un propriétaire supplémentaire avait été supposé, comme une sorte de chevalier blanc, susceptible de neutraliser les forces en présence. Cependant, le triumvirat n'a jamais, politiquement, était une solution viable.