Allemagne : l'industrie du livre tente d'endiguer la faillite d'un grossiste

Clément Solym - 22.02.2019

Edition - Economie - grossiste livres allemagne - faillite insolvabilité Allemagne - livres distribution librairie


Il aura fallu moins de huit jours pour que le désastre ne soit complet : le groupe allemand Koch, Neff und Volckmar – KNV –, déclaré insolvable, agite lourdement le secteur de l’édition. La faillite du grossiste ne devrait rien changer pour les clients, espère-t-on, mais c’est avant tout un symbole, économiquement lourd, qui est ébranlé.

Bookstore Krüger.
Florian Plag, CC BY 2.0 (photo d'illustration)


C’est le plus grand détaillant allemand qui frappe l’industrie du livre. Au point que le président du Börsenverein, association des éditeurs et libraires d’outre-Rhin, ait été contraint de commenter la situation. C’est dans une totale incertitude que s’avancent éditeurs, libraires et autres partenaires commerciaux. 
 

Un vilain coup porté à l'industrie


Le Börsenverein assure qu’il fera son possible pour minimiser les conséquences, spécifiquement pour les petites structures, mais les faits sont là, reconnaît Heinrich Riethmüller à demi-mot. 

Car la réalité est qu’à cette heure, de nombreuses maisons et librairies sont dans la plus totale incertitude quant à l’avenir. Insolvable, mis en faillite, KNV a été placé dans les mains d’un administrateur provisoire. Ce dernier devra s’assurer que les marchandises continuent d’être livrées, et les partenaires payés. 

Les actuels retards constatés ne seraient dus qu’à l'insolvabilité déclarée, mais les éditeurs sont vivement encouragés à maintenir leurs flux. Seule solution pour que, sur le moyen et long terme, l’activité puisse se poursuivre. 

Un effort de solidarité que Nicole Schindler, de Eugen Ulmer réaffirme, assurant que sa société continuera de fournir KNV, malgré l’insolvabilité. « Il faut agir avec sérénité, afin qu’il ait une chance réelle de se réorganiser et de tout remettre en place », assure-t-elle dans un communiqué.   

En tentant d’assainir au mieux la chaîne d’approvisionnement, on cherche à limiter la casse. « La situation économique peut être complexe, mais il importe désormaisde rester calme », insiste Heinrich Riethmüller. Sauf que l’inquiétude se lit dans les multiples réactions.
 

Les éditeurs indépendants fragilisés


Certains parlent d’un « désastre de premier ordre », à l’instar de Dietrich zu Klampen, directeur de la maison Klampen. En effet, KNV est l’un des quatre plus importants grossistes du pays, achetant en gros et revendant aux libraires. En outre, il prend en charge stockage, livraison et facturation pour de nombreuses petites maisons. 

Ces dernières sont les plus menacées : Katharina Picandet, de Nautilus Verlag souligne que sa maison effectue 25 % de ses ventes via KNV. Or, de novembre à mi-février, les pertes financières sont évidemment importantes. Et pas très simples à digérer. 
Le grand atout de KNV réside dans son service de livraison 24 h/24, primordial pour les librairies, à l’heure où Amazon peut assurer des commandes dans des délais de plus en plus réduits. De la sorte, la librairie allemande se trouverait évidemment dans une concurrence faussée face aux ventes en ligne, si KNV devait remettre en question son outil. 
 

Un soutien bienvenu de l'Etat fédéral


Les regards se tournent vers le gouvernement, sollicitant sans le dire officiellement une aide financière pour que l’industrie allemande ne souffre pas outre mesure. Parce que cette faillite a déclenché des discussions des plus fondamentales : c’est une grande partie du commerce du livre indépendant qui se trouve en péril. 

Les autres opérateurs d’Allemagne ne manqueront pas d’être sollicités pour servir la librairie. Mais l’interface KNV reste unique.

L’entreprise a affirmé que les salaires et traitements seraient garantis par une indemnité liée à l’insolvabilité jusqu’à fin avril 2019. Et les opérations commerciales dans les entreprises maintenues – Tobias Wahl, expert en restructuration a été nommé par Rechtsanwälte pour prendre les choses en main. 

Fondée en 1829, l’entreprise est spécialisée dans la logistique. Elle compte 1800 employés à ce jour. Malgré les échecs de négociations avec les actuels investisseurs, son directeur général, Oliver Voerster tente de rassurer : « Ensemble nous nous battrons pour sortir KNV de l’insolvabilité et grandi. »

Ce qui ne me tue pas, comme dit le proverbe, me rend plus fort... tant que l’on n’est pas mort en effet.


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