Allemagne : L'offre Jeunesse et Jeunes Adultes gorgée de titres importés

Julien Helmlinger - 07.08.2013

Edition - International - Allemagne - Importation - Marché


À l'occasion d'un séjour en Allemagne, un éditeur de chez Scarlet Voyage, Ben Rosenthal, y est allé de son propre constat concernant l'importance de la littérature importée sur le marché du livre local. Notamment sur les étagères des rayons Jeunesse et Jeunes Adultes. Il a eu l'occasion de visiter un certain nombre de maisons d'édition, mais aussi des librairies, comme la boutique Thalia basée à Hambourg. Selon lui, si le marché allemand est inondé de titres américains, en revanche, la réciprocité ne se vérifierait pas.

 

 

 Crédits : Thalia

 

 

Au rayon jeunes Adultes, de chez Thalia, l'observateur a constaté une offre composée à 80 % de titres importés contre 20 % de livres germaniques. Tandis que seulement 46 des 8000 publications Jeunesse et Adultes allemandes combinées, auraient été traduites à destination des États-Unis l'an dernier. Des vannes visiblement ouvertes à profusion en un sens, mais au compte-gouttes dans l'autre.

 

Parmi les hypothèses qui voudraient faire la lumière sur les raisons de la faible importation américaine, certaine imagine que les éditeurs étrangers rechigneraient à investir dans la traduction complète de leurs manuscrits sans avoir obtenu des garanties commerciales en retour.

 

Et aux États-Unis, la langue allemande ne serait pas la spécialité des acquéreurs potentiels. Certains d'entre eux feraient en conséquence appel à des avis de tiers, tandis que d'autres encore se satisferaient de l'offre anglophone pour se constituer leurs sélections d'ouvrages.

 

En outre, la traduction d'un ouvrage implique un coût quoiqu'il arrive, et les pays n'offrent pas tous de subventions à cet effet. Le Goethe Institut en fournit en Allemagne, mais celles-ci ne couvrent pas l'entièreté de l'investissement nécessaire pour traduire un bouquin de 400 pages, qui pourrait avoisiner les 10 à 15.000 dollars. On privilégie donc logiquement la traduction de best-sellers, quitte à le faire à l'aveuglette, plutôt que de donner sa chance à un auteur inconnu.

 

Des solutions préconisées

 

Ben Rosenthal estime qu'un partage plus équilibré de la prise en charge des risques financiers pourrait faire basculer cette tendance. Ce qui pourrait passer selon lui par une rétribution des traducteurs sous forme d'avances et promesse de royalties sur les ventes, plutôt que par l'habituel paiement forfaitaire. Évoquant notamment l'idée d'augmenter la visibilité du nom d'un traducteur sur les couvertures de livre en compensation.

 

Bon nombre d'éditeurs non américains doivent songer à pénétrer ce réticent marché des États-Unis avec leurs titres traduits, si l'on considère le potentiel lucratif important qu'il leur promet. Un peu à la manière d'une porte ouverte sur le monde entier. (via PublishingPerspectives).