Allemagne : la ministre de la Justice attaque Google Books

Clément Solym - 02.09.2009

Edition - Bibliothèques - Allermagne - ministre - justice


Alors que de leur côté Microsoft, Yahoo! et Amazon ont signé un accord avec l'Open Book Alliance, le projet de Google est encore une fois mis à mal par l'Europe.

L'Allemagne fait partie des quelques pays particulièrement réfractaires au projet de numérisation de Google Books, et ce, de longue date. En novembre dernier, le pays accusait déjà le moteur de tenter de s'accaparer la culture, après que les éditeurs du pays ont rejeté massivement tout accord avec la firme.

Récidive du même acabit aujourd'hui, alors que Brigitte Zypries, la ministre de la Justice, vient d'expédier un courrier bien senti au tribunal de New York, en charge du dossier et qui doit se prononcer sur la validité de l'accord passé entre Google et les professionnels outre-Atlantique, auteurs et éditeurs.

Dans sa lettre, la ministre exprime explicitement son désaveu vis-à-vis de Google et espère fermement que le tribunal rejettera la proposition faite que de payer quelques millions de dollars pour entériner la numérisation sauvage pratiquée par le moteur. Le Handelsblatt, qui diffuse ce courrier, rapporte ainsi que l'Allemagne s'opposer formellement à ce que les oeuvres des ayants droit allemands soient exclues de cet accord.

Il leur reviendra, par la suite, de décider en leur âme et conscience s'ils souhaitent que leurs ouvrages figurent dans les étals de Google Books, précise la ministre. En outre, la proposition de Google serait en totale opposition avec le Traité de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Selon ce texte, seuls les ayants droit peuvent décider de la distribution de leur oeuvre.

Autre point de mire dans le viseur de sniper de la ministre, la restriction de l'accord aux États-Unis : inutile et vain. Internet est un vaste village dans lequel les frontières entre les États sont abolies. Restreindre l'accord à ce pays ne signifierait donc rien.

Enfin, il faut noter que Google Books met en danger, quoi que la ministre ne l'exprime pas tout à fait ainsi, la bibliothèque Europeana, qui elle assure une réelle sécurité concernant le droit d'auteur.