Allemagne, la voie du succès pour les éditeurs indépendants

Julien Helmlinger - 17.03.2014

Edition - International - Edition - Indépendants - Industrie du livre


Un ciblage chirurgical des publications pour contrer la pesanteur du marché de masse. Le secteur de l'édition indépendante allemand, comprenant notamment les quelque 65 maisons réunies au sein de la Fondation Kurt Wolff, lobby d'outre-Rhin, aurait su trouver le moyen de tirer son épingle du jeu de la concurrence. Si le terrain des livres destinés au grand public est généralement balisé par les groupes majeurs de l'industrie, en revanche, celui des publications de niche offrirait toujours aux petits joueurs leurs moyens de prospérer.

 

 

Resteraient des cartes à jouer sur le marché, aussi.

Foire du livre de Cologne, actuellement et jusqu'au 22 mars

 

 

En Allemagne, plus de 2000 éditeurs commercialiseraient environ 80.000 livres chaque année, signe que les grands groupes ne peuvent à eux seuls répondre à la demande. La Fondation Kurt Wolff, baptisée du nom de l'auteur-éditeur du siècle dernier, resté célèbre pour avoir été le premier à promouvoir l'oeuvre de Kafka dans le pays, a ainsi été créée en l'an 2000, dans l'optique de pratiquer son lobbying en défense des intérêts des maisons indépendantes.

 

La Fondation regrouperait aujourd'hui une bonne soixantaine de maisons d'édition, au rang desquelles Mairisch Verlag, basée à Hambourg, l'une des structures les plus prospères du moment parmi celles indépendantes. Une structure qui, dès son lancement en 1999 par des éditeurs à peine sortis de l'école, aura fait le pari de créer quelque chose de différent.

 

Cette dernière, ayant publié des lauréats nationaux comme Andreas Stichmann ou Lisa Kreissler, s'est vu remettre les lauriers du Prix Kurt Wolff, édition annuelle 2014, à l'occasion de la Foire du livre de Leipzig. Comme l'explique Daniel Beskos, de la maison, son positionnement au lancement n'était pas anodin. « Il était clair pour nous, à l'époque, que certaines formes ou certains accès à la littérature étaient manquants dans le commerce. Nous voulions publier sur une base autodéterminée. »

 

Le choix de ce positionnement de niche aura donc visiblement porté ses fruits, tandis que la maison a en outre publié le titre Räuberhände, de Finn-Ole Heinrich, roman qui figurait au programme d'examen des lycées de Hambourg en 2013. Là où le marché de masse n'offrirait que peu de différenciations entre les lectures offertes, le créneau revenant aux indépendants serait donc celui de la bibliodiversité et de la qualité, une mission qui va au-delà de la traite des vaches à lait.

 

(via Deutschland.de)