Allemagne nazie, éducation, démocratie : HG Wells était inquiet

Nicolas Gary - 31.10.2013

Edition - International - HG Wells - démocratie - Allemagne nazie


En 1937, l'auteur HG Wells avait rédigé quelques réflexions sur la géopolitique, l'essor de l'Allemagne nazie, et sa dangerosité, et les menaces que les Japonais faisaient peser sur la Chine. Des pensées particulièrement visionnaires, et qu'il avait soumises au Reader's Digest, avec dans l'idée de les diffuser auprès du plus large lectorat possible. 

 

 

Four Wells

atoach, CC BY 2.0

 

 

L'auteur britannique était déjà connu dans le monde entier, mais son message fut probablement trop brutal pour le magazine conservateur, qui préféra refuser la parution. « Les démocraties n'ont pas simplement besoin de liberté de penser et de parole, mais d'informations universelles et d'un entraînement mental vigoureux. Considérez la Chine aujourd'hui : une population pacifique ignorante a autant de chance de survie actuellement qu'une vache aveugle dans la jungle », écrivait HG Wells.

 

La relation entre l'auteur de La guerre des Mondes et le Reader était très bonne, explique l'actuel rédacteur en chef de Strand, Andrew Gulli. « Mais cet article sur la démocratie semble les avoir ulcérés. » Or, ce dernier est parvenu à découvrir des documents et lettres écrites par Wells, en 1935. Des milliers de documents qu'il a trouvés à la bibliothèque Rare Book & Manuscript  de l'université de l'Illinois, située à Urbana-Champaign. 

 

Wells, socialiste notoire et pacifique convaincu redoutait pour le devenir de la planète, et pas simplement dans ses livres. « Wells était progressiste dans sa vision du monde. il appartenait à une génération d'ardents impérialistes, mais sa conviction était que les grandes puissances devraient accorder l'indépendance à leurs colonies », souligne Andrew auprès de l'Associated Press.

 

En fait, et des années avant, Wells semblait craindre que les pays du Tiers Monde ne deviennent la proie de démagogues et de systèmes policiers répressifs ou religieux. Dans le texte présenté en 1937, il estime que trop de pays sont à moitié analphabètes et « totalement indisciplinés ». S'il considère que les démocraties doivent renforcer leurs armées, il rappelle aussi, et surtout que l'éducation reste la meilleure des armes. 

 

« Le choix est simple, à présent. Formez-vous à la liberté ou faites le salut militaire et marchez au pas. », conclut le romancier.