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Allemagne : une chasse aux 300.000 pirates chaque mois

Clément Solym - 02.06.2011

Edition - Justice - internet - fichiers - allemagne


La chasse aux pirates s'est clairement emballée en Allemangne, où l'on vient d'apprendre quelles méthodes, et quelles perspectives visaient les ayants droit, dans la lutte contre la contrefaçon numérique.

En accord avec les fournisseurs d'accès à internet, les plaignants vont pouvoir accéder à des sommes importantes de données concernant les abonnés des uns et des autres, au point de récolter chaque mois 300.000 noms de personnes chaque mois, qui se sont fait prendre en flagrant délit de piratage.

L'association allemande ECO, qui regroupe des sociétés du net, dévoile dans un communiqué de presse que les informations fournies par les FAI serviront à l'envoi de lettres, où l'on réclamera aux internautes fautifs une somme entre 300 et 1200 €, pour s'épargner des poursuites judiciaires. Une sorte de règlement à l'amiable, de type, on vous a pris la main dans le pot à cookies, vous payez, et on n'en parle plus.


Sauf que non seulement la méthode a quelque chose de pas très catholique, mais elle serait en outre passablement efficace, avec une baisse du piratage constaté de près de 20 % depuis 2008, date à laquelle sont partis les premiers courriers. C'est qu'en parallèle, l'offre légale a considérablement augmenté elle aussi, permettant peut-être de proposer une alternative réelle. Pour le téléchargement de musique, ce sont 30 % de hausse constatés, avec 77,7 millions de titres achetés durant l'année 2010.

Pas besoin de bloquer les sites...

Des résultats qui démontreraient l'inutilité d'un blocage des sites, comme proposé durant le eG8 qui se déroulait à Paris. « Dans la plupart des cas, une lettre d'avertissement serait suffisante. Il n'est même pas toujours nécessaire de demander plusieurs centaines d'euros », explique Oliver Sume, de ECO.

C'est que, les lettres ne sont envoyées qu'aux personnes qui ont recours à des logiciels de P2P pour échanger des fichiers, et peut-être donc un public qui n'est pas parmi le plus averti des solutions illégales. Tout en prenant le risque de menacer ceux qui y ont recours pour des besoins professionnels...

Des conclusions qui semblent également aller dans le sens des premiers résultats présentés par le ministre de la Culture, concernant le dispositif Hadopi. On notait en effet que 50 % des personnes auraient arrêté de télécharger illégalement, à compter du moment où elles avaient reçu le fameux courrier d'avertissement. (notre actualitté)