Amazon : ami ou ennemi des éditeurs indépendants ?

Clément Solym - 22.04.2011

Edition - Economie - éditeurs - indépendants - amazon


Il y a quelques semaines, Lynn Michell, directrice des éditions Linen Press, publiait une lettre ouverte par le biais du Guardian, où elle expliquait à quel point sa situation en tant que petit éditeur indépendant, était difficile à tenir face au géant Amazon, dont la politique tarifaire venait à faire perdre de l’argent à l’éditrice à chaque fois qu’un livre était vendu sur le site Internet. (notre actualitté)

En guise de réponse, une autre éditrice, Kate Nash, de la maison Mirmidon affirme qu’au contraire, Amazon est l’avenir des éditeurs indépendants. Utilisant elle aussi l’intermédiaire du Guardian pour publier sa missive, Kate Nash affirme haut et fort qu’ « Amazon n’est pas l’ennemi des petits éditeurs », mais au contraire un support dont on ne peut plus se passer aujourd’hui.

Amazon est votre ami

Pour Kate Nash, sa collègue a raison sur un point : la situation est rude pour les éditeurs indépendants. Mais elle considère que ces difficultés sont directement liées à la crise économique et qu’au contraire Amazon avec son immense potentiel peut aider à passer outre.


Elle prend l’exemple de la vente du Kindle, « Amazon a payé pour faire de la publicité à la télévision, cela a accéléré les ventes d’ebooks et en tant qu’éditeurs de fiction, nous en avons bénéficié directement. »

D’autre part, Amazon et les autres détaillants sur la toile permettent une visibilité des produits à l’international, tandis que les librairies physiques ne touchent qu’un public très local. En outre, un libraire traditionnel doit obligatoirement faire une sélection sévère des ouvrages qu’il met en avant dans son magasin.

Par manque de place, des titres qui se vendent peu sont très rapidement rendus à l’éditeur qui doit les rembourser. Ce problème ne se pose pas sur Internet qui bénéficie d’un espace infini pour faire la promotion des ouvrages quels qu’ils soient et ainsi « prolonger leur vie », tout en assurant une sécurité financière minimale aux éditeurs.

Plus de visibilité, moins de risques…

Enfin, quant au pourcentage énorme qu’Amazon s’approprie sur le prix de vente (60 % du prix total), Nash précise que les éditeurs ne sont aucunement victimes de ce profit : « La part attribuée à l’auteur et à l’éditeur n’est pas affectée.»


En conclusion, la survie des plus petits éditeurs est particulièrement difficile et Amazon ne les aide en rien. Par ailleurs, des éditeurs comme Lynn Michell qui s’attachent à créer des ouvrages esthétiques et donc plus coûteux à la fabrication ne peuvent rentrer dans leurs frais et perdent même de l’argent à la vente.

Toutefois pour les éditeurs indépendants un peu plus conséquents, la plateforme de vente peut s’avérer un allié efficace, permettant une meilleure visibilité et assurant le non-retour des livres.