medias

Amazon cesse de prendre les commandes de livres

Nicolas Gary - 15.04.2020

Edition - Economie - commandes livres internautes - distributeur édition livre - jugement nanterre Amazon


Si la filiale française vient de prendre une volée de bois vert, sa réaction n’a pas attendu 24 heures. En effet, suite au jugement du tribunal judiciaire de Nanterre, Amazon France se voit interdire la vente — donc la livraison — de tout ce qui n’est pas produit de première nécessité. Les livres, une fois de plus, sont les grands sacrifiés.

locker Amazon Paris
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Le tribunal de Nanterre a ainsi ordonné à Amazon de ne préserver que 10 % de son business, sous peine d’une astreinte de 1 million € par jour de retard. La firme doit ainsi « restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de produits d’hygiène et de produits médicaux ».

Dans une première réaction d’humeur, type chantage à l’emploi, la firme a ouvertement menacé de suspendre toute forme d’activité dans ses entrepôts. Une menace à peine voilée, qui dans l’option d’un chômage partiel des salariés coûterait alors autour de 600.000 € à l’État français.

En attendant que l’entreprise interjette appel, une possibilité, elle clame en effet que « sans la possibilité d’exploiter nos centres de distribution en France, nous serions contraints de restreindre un service qui est devenu essentiel pour des millions de personnes à travers le pays qui souhaitent avoir accès aux produits dont elles ont besoin chez elles pendant cette crise ».

Autrement dit, mettre un terme à l’ensemble de son activité serait plus rapide que de répondre aux injonctions de la justice. 
 
Selon les informations d’ActuaLitté, le message aura été très rapidement répercuté auprès de distributeurs : les livres ne faisant pas partie des produits de première nécessité, Amazon a notifié aux structures de distribution de ne plus préparer de commandes. 

En effet, les achats du client – qui passera par Amazon, et qu'il adresse ensuite logiquement aux distributeurs – ne seront tout simplement pas expédiées par les bons soins du cybermarchand.

« Amazon nous a indiqué dans un courriel que nous serions tenus au courant de la possibilité de reprendre des commandes, et de la date à laquelle cela se fera », nous assure un distributeur. D’autres assurent n’avoir pour le moment reçu encore aucune précision du cybermarchand, mais s’attendre « à ce que les livres soient amplement mis de côté, après la décision du tribunal. Nous n’avions déjà plus que de rares commandes, et principalement pour des best-sellers », nous explique-t-on.

De toute manière, Amazon vient de faire savoir qu'il ferme ses entrepôts pour une durée de cinq jours, du 16 au 20 avril, plaçant les salariés en activité partielle.

« Pendant ce temps, pour fnac.com, pas de problème par contre. Quelle hypocrisie », grogne un éditeur. À cette différence que les salariés, pas plus que les syndicats chez Fnac ou ailleurs n’ont introduit de recours en référé contre leur employeur.

En vérifiant sur le site Amazon.fr, on trouve régulièrement la mention suivante : « Commandez maintenant et nous vous livrerons cet article lorsqu’il sera disponible. Nous vous enverrons un e-mail avec une date d’estimation de livraison dès que nous aurons plus d’informations. Cet article ne vous sera facturé qu’au moment de son expédition. » 

ActuaLitté s’est pris au jeu et, horribile auditum, a commandé un ouvrage, dont la livraison est promise au 24 avril. Mais manifestement, les ouvrages peuvent encore être achetés. Reste à savoir quand ils seront effectivement livrés – s'ils le sont...


Commentaires
Vous notez que la mise au chômage partiel des employés effective dès demain coutera 600 000 euros. Vous avez tout à fait raison. Il est cependant important de noter qu'il s'agit de 600 000 euros par jour...
Planète de merde, race humaine de merde : https://www.youtube.com/watch?v=5p0IP-FVG2I
Amazon est devenue une entreprise tellement complexe que même les journalistes et les tribunaux ont oublié qu'il s'agissait aussi d'un market place ("une place de marché") qui permet à de nombreuses TPE françaises (dont des librairies) d'utiliser la plateforme logistique Amazon pour expédier des produits. Cela représente 40
La France - Môsieur ! Pays des lumières...
Bonjour, cébèteàdire, je fonctionne souvent avec le bon sens paysan...

Quand j'ai un problème, un projet ou une décision à prendre, je prends une feuille de papiers, je trace 2 colonnes : une pour les inconvénients, une pour les avantages...

puis je fais le total... Et ensuite je décide... cébète hun ! Chacun son truc...
Ouais t'a raison, ah le bon sens paysan, y a rien de tel ! Juste une question : Amazon fait travailler en France plus de 10000 personnes, pour d'autres il les exploite, tu mets ça dans quelle colonne ?
Merci pour votre question, malheureusement je n'ai pas de réponse toute faite et encore moins de réponse parfaite, je pense qu'une réflexion collégiale et désintéressée s'impose.
Résultat des courses :

Soyez heureux, Amazon va fermer ses entrepôts du jeudi 16 au matin jusqu'au mardi 21 avril 2020.Après cette décision d'Enarque de ne plus vendre de bouquins pour commencer et maintenant restreindre ses activités aux seuls produits alimentaires, d'hygiène et médicaux... c'est les ctites nemployés qui vont être contents et pouvoir se reposer. Je pense qu'Amazon y regardera à deux fois avant d'implanter en France ses prochains entrepots !
Il faut distinguer 3 questions.





1 - Les conditions dans lesquelles travaillent les personnes qui préparent les envois (de livres ou de toute autre marchandise)



Que ce soit chez Amazon, dans les entrepôts des vrais libraires ou ailleurs, il faut que le nécessaire soit fait pour que les personnes y travaillant soient raisonnablement protégées : distance entre les personnes, fourniture de masque et de gel hydroalcoolique, etc.

Sur ce point, d'après un certain nombre de témoignages qui semblent fiables et qu'Amazon ne semble pas réussir à invalider, les conditions de travail dans les entrepôts d'Amazon ne respectent pas ces impératifs de santé élémentaires... et cruciaux : qui d'entre nous aurait envie de travailler dans de telles conditions ?





2 - La possibilité de s'approvisionner auprès des éditeurs



Elle doit exister pour toutes les entreprises, les vrais libraires, Amazon, etc. ; sinon, il y a une inadmissible distorsion de concurrence.





3 - La détermination de la nature des produits qu'il est actuellement permis de commander en ligne



Là, on entre dans un délire bureaucratique aussi grotesque qu'insupportable : qu'est-ce qu’un produit de première nécessité ? Qui est qualifié pour en juger ?

Cette idée trahit notamment une profonde méconnaissance du fonctionnement de l'économie :

- une entreprise fabriquant des produits a besoin de divers composants de nature diverse : des fonctionnaires vont-ils faire le tri entre les composants appartenant à la catégorie de première nécessité et les autres ? C'est le retour de la planification albano-soviétique des années 1950 !

- cette crise constitue un désastre économique : pour l'atténuer, il faut que le maximum d'entreprises puissent tourner... tant que la santé de leur personnel n'est pas mise en danger ; encore une fois, c'est cela le vrai problème qui relève du domaine régalien, l'État ayant la mission de veiller à la santé publique.



Pour le reste, que l'on cesse de tracasser et de fracasser les entreprises, seules créatrices de richesse... laquelle permet, entre autres, de disposer de services publics de qualité, du moins si leur gestion est bonne : et là, il y a de grandes remises en cause à demander, à commencer dans les services de santé publique qui utilisent très mal l'informatique et qui emploient une proportion excessive de personnel administratif par rapport au nombre de soignants, n'en déplaise à certains syndicats.





Bref, en la matière, il ne s'agit pas de punir pas Amazon mais de veiller à la santé des personnels et à éviter des distorsions de concurrence.

NB : je me sens d'autant plus à l'aise pour écrire cela que je refuse de passer par Amazon pour commander des livres ; il existe de nombreuses alternatives qui fonctionnent parfaitement, telles que commander chez son libraire (0 centime de frais de port) ou sur des sites de vrais libraires.
Bonjour,

je dois dire que je ne comprends pas ce qu'Amazon fait que ne font pas les autres cyber marchands. Je commande quasi tout mes produits de consommation sur le web, d'abord parce que j'ai beaucoup de difficultés à marcher, ensuite parce que je trouve tout ce que je désire et plus grin et que c'est livré chez moi. (Avec Amazon c'est en général gratuit). Les conditions de travail des personnels ne doivent pas être pire qu'ailleurs. Quand je travaillais à la chaine on avait le chronométreur qui mesurait la performance en continu pour ne pas ralentir le rythme de la chaine, production aux pièces. Alors en quoi Amazon est il pire que la FNAC, DECITRE, CDISCOUNT et autres RAKUTEN, MOMOX, et Cyber Chinois ?

Jacques
Le titre de l'article est trompeur puisque l'article conclut qu'il est toujours possible de commander.
Allô Houston on a un problème : la girouette tourne dans tous les sens !

Au début du confinement tout le monde criait au scandale : les librairies ferment alors qu'Amazon continue de vendre ses bouquin. C'était terribelement injuste, il fallait faire quelque chose.

Maintenant qu'Amazon n'a plus le droit de vendre de livres tout le monde pleure... et il faudrait faire quelque chose...

exclaim question
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.