Amazon Charts : enfin un classement best-sellers qui sert à quelque chose ?

Laurène Bertelle - 24.05.2017

Edition - International - Amazon Chart classement - Prime Reading Royaume-Uni - bibliothèque ebook Amazon


Dans le but d'aller toujours plus loin dans sa gamme de services et dans la fidélisation de sa clientèle, Amazon a lancé la semaine dernière deux grandes nouveautés : d'une part, l'arrivée au Royaume-Uni de Prime Reading, la bibliothèque d'ebook pour les abonnées Premium, et d'autre part, le lancement de Amazon Charts, nouveau classement des livres les plus vendus et les plus lus. 



Deux nouveautés sont à compter parmi les nombreux services que propose aujourd’hui Amazon dans le secteur du livre. La première est l’arrivée de Prime Reading au Royaume-Uni, un service lancé aux Etats-Unis l’année dernière et qui permet aux abonnées Premium d’avoir accès à une bibliothèque rotative d’ebooks, dès lors que l'on est déjà abonné à Amazon Premium.

Le choix des livres varie, mais pas d’inquiétude, explique le site Techradar : les livres présents dans votre bibliothèque personnelle restent disponibles pendant tout le temps de votre lecture. Contrairement aux autres services déjà existants, Prime Reading est accessible via les applications Kindle iOs et Android, et le nombre de livres empruntés n’est pas restreint.
 

Les donnés des lecteurs, mieux exploitées encore
 

Mais la nouveauté qui a vraiment marqué la semaine passée, c’est le lancement d’Amazon Charts, un classement hebdomadaire des livres les plus lus et plus vendus de la semaine. Selon le site The Digital Reader, chaque mercredi, Amazon classe les livres qui sont réellement lus, en se basant sur les statistiques des lecteurs Kindle et des utilisateurs de Audible, et ceux qui sont réellement achetés ou empruntés sur amazon.com ou audible.com, ainsi que grâce aux différents services de prêt.

 

Enfin, le site donne quelques anecdotes statistiques, comme par exemple le livre le plus attendu, compte tenu du nombre de précommandes, ou bien le livre qu’on ne peut pas lâcher, basé sur la vitesse avec laquelle les lecteurs Kindle lisent le livre du début à la fin.
 

Un classement qui va révolutionner le monde du livre ?
 

Un tel classement démontre le degré de précision que permet la vente en ligne et l’offre d’ebooks et de liseuses Kindle pour connaitre en détail ce qui est lu, à quelle vitesse, ou même les lectures qui sont abandonnées en cours de route. Car si la vente révèle un désir de lecture, ce sont les données concernant la lecture du livre en elle-même qui permettent de savoir si celui-ci plaît aux lecteurs ou non.



Le journal The Guardian démontre qu’avec ce nouveau service, Amazon Charts pourrait concurrencer le classement jusque là indétrônable du journal New York Times, intitulé « New York Times Bestseller List », qui recense depuis des décennies les meilleures ventes sur le territoire américain. Tout comme Amazon, le classement est hebdomadaire, concerne autant les livres physiques que numériques, et autant la vente en librairie qu’en ligne.
 

Toutefois, Amazon va plus loin, là où les classements traditionnels ne s’aventurent pas, en proposant une analyse plus approfondie des achats, des précommandes, des emprunts et des lectures. Par ailleurs, chaque livre du classement est accompagné de boutons pour acheter le livre, accéder directement à l’ebook ou encore lire l’avis des clients. Enfin, Amazon Charts ne se limite pas aux statistiques d’un seul pays comme le New York Times.
 

Données personnelles : le livre numérique, mouchard de luxe


Alors, avec ce nouveau service, accessible à tous en ligne, est-ce que Amazon peut faire évoluer l’industrie du livre et avoir un impact sur les ventes et les choix éditoriaux ? Liz Stein, éditrice pour Park Row Books, estime que les classements influencent les ventes : « Je crois vraiment que le classement aide à vendre plus d’exemplaires. Il y a un certain prestige associé au fait d’être un best-seller du New York Times, et les librairies et les grands noms de l’industrie du livre en tiennent compte. Je crois que les clients recherchent une confirmation que le livre est populaire quand ils font leur choix. »
 

Mais pour l’auteure Sarah Pinborough, Amazon Charts n’en est pas encore là : « Il y a quelque chose de si fabuleux à avoir son livre dans le classement des best-sellers du New York Times que cela prendra un certain temps avant que [Amazon Charts] ait le même effet sur l’ego d’un auteur. »