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Amazon confesse des transactions avec l'Iran : enquête en cours

Clément Solym - 01.08.2017

Edition - International - Amazon Iran enquête - transactions marchandises Iran - terrorisme Obama Amazon


Selon différentes sources américaines, le site Amazon ferait l’objet d’une enquête pour vente de marchandises à l’Iran. Pour l’heure, les informations convergent : le cybermarchand a expédié des marchandises aux ambassades iraniennes ainsi qu’à des personnes associées au gouvernement iranien – mais également soupçonnées d'accointances avec le terrorisme. Ça chauffe ? 


Teheran - Livre Paris 2016
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

En février dernier, les États-Unis, fraîchement entrés dans l’ère de l’administration Trump, imposaient de nouvelles sanctions contre l’Iran. Accusant le soutien que Téhéran apporterait au terrorisme, Washington se mettait en colère, déclenchant des restrictions financières notamment. Le tout se déroulait sur fond d’angoisses liées au nucléaire. 

 

En réaction, la République islamique d’Iran décidait de contre-attaquer, en imposant des limitations aux personnes et aux entreprises. Un accord précédemment signé devait être maintenu, mais la situation reste tendue. Mi-juillet, en dépit de la météo, la température virait presque au glacial dans les relations entre les deux pays. (voir L’Express)

 

Et pour quelques dizaines de milliers de dollars de plus

 

Fort de ce contexte, on comprend mieux comment les soupçons qui pèsent sur Amazon peuvent avoir une odeur de soufre. Le géant a manifesté traité et livré pour des milliers de dollars de commandes émanant de l’Iran. On parle de produits de grande consommation, de bijoux, mais également d’instruments de musique ou d’appareils ménagers. Et en plus, des livres sont concernés. 

 

On parle de quelque 24.700 $ livrés à une représentation iranienne dans un pays étranger, mais également de produits livrés à un particulier iranien, pour 300 $. Or, problème, ce dernier figure manifestement sur la liste de surveillance du terrorisme international éditée par le gouvernement américain. S’ajoutent à cela les comptes de cinq ambassades iraniennes pour 8100 $ de marchandises. 

 

Et de fait, une ordonnance de septembre 2001, signée par George Bush, bloquait et interdisait toute transaction « avec des personnes qui s’engagent, menacent de s’engager ou soutiennent le terrorisme ». L’Iran étant fortement soupçonné d’avoir maille à partir avec des groupes terroristes, la boucle serait bouclée.

 

De même, il se pourrait qu’Amazon ait violé les sanctions américaines liées au Threat Reduction and Syria Human Rights Act, signé par Obama en 2012. Ces dernières introduisaient des limitations pour contraindre l’Iran d’abandonner son programme nucléaire militaire. 
 

Au détour d'un rapport financier trimestriel...

 

Tout l’enjeu sera de savoir sur quoi aboutira cette enquête : une amende, ou des sanctions contre le marchand. Or, dans les faits, c'est le revendeur qui a, de lui-même, signalé avoir commis des violations — une autodénonciation qui, selon l’adage, serait donc à moitié pardonnée. (voir ici)


Dans ce rapport trimestriel, on apprend donc qu’une enquête est ouverte, mais découlant des révélations faites par le vendeur lui-même. Pas du tout à l’initiative d’un gouvernement qui se poserait des questions sur les flux transactionnels de l’entreprise, donc. « Nous avons l’intention de pleinement coopérer avec l’OFAC et la BIS dans le cadre de leur enquête, ce qui pourrait entraîner l’application de sanctions », confirme simplement Amazon.
 

Pour l’heure, la firme affirme ne pas être en mesure de calculer avec précision l’impact financier des transactions. Elle garantit cependant qu’elle cessera de recueillir les commandes émanant de ces comptes à l’avenir. Elle confirme avoir volontairement exposé ces transactions au ministère du Treasury and Commerce. 

 

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Les révélations pourraient conduire à ce que des amendes soient infligées. Dernièrement, Exxon Mobil avait été condamné à 2 millions $ d’amende pour avoir violé les sanctions américaines à l’encontre de la Russie — et immédiatement, contestait l’amende. 
 

L’ensemble des transactions dénoncées par Amazon sont intervenues entre janvier 2012 et juin 2017. Aucun commentaire supplémentaire n’a été apporté par l’entreprise.