Amazon contribue "à la culture française' (Romain Voog, président France)

Julien Helmlinger - 17.01.2014

Edition - International - Amazon - Romain Voog - Internet


Alors que le géant américain de la vente en ligne se trouve sous le coup de la critique pour les conditions de travail de ses employés, accusé en outre de dumping et de concurrence déloyale aux dépens des librairies, le président d'Amazon France, Romain Voog, a répondu a la polémique. Si les députés ont adopté à l'unanimité la loi anti-Amazon la semaine dernière, selon lui, le groupe apporterait une « contribution à la culture française ».

 

 

 Romain Voog - Amazon

 

 

La proposition de loi impulsée par l'UMP visait la régulation du commerce de livres à distance. Modifiée après intervention du gouvernement, elle a été votée par les sénateurs la semaine passée, et interdit la gratuité des frais de port, tout en limitant les remises pratiquées. Pour sa part, le président d'Amazon France regrette une mesure qui « impactera le secteur » : désormais le groupe américain va être « forcé de vendre un peu plus cher ».

 

Chose qui n'est pas tout à fait juste : en réalité, le groupe propose aujourd'hui le cumul 1/  du rabais (légal) de 5 % sur le prix des livres et 2/ de la gratuité des frais de port. En somme, la société ne vendra pas plus cher les livres demain, mais devra, avec un délai de trois mois une fois la loi adoptée à l'Assemblée nationale, modifier ses pratiques. Et le consommateur achètera ses livres dans des conditions marchandes que le législateur souhaite plus équitables.

 

Au fil des débats au Sénat, Aurélie Filippetti soutenait que « plutôt que de viser à brimer certains acteurs et certaines pratiques », la mesure de régulation devait donner les moyens à chacun « de se positionner sur la vente en ligne ». La ministre assurait que les méthodes de l'e-commerçant étaient « destructrices d'emploi, de culture et de lien social ».

 

Pour Romain Voog en revanche, Amazon, explicitement visé par la loi, serait en quelque sorte un complément des libraires. Arguant que l'internet est une « opportunité pour démocratiser la culture, la rendre accessible », et notamment à ceux qui n'ont pas de librairie dans leur voisinage, il estime qu'il « faut reconnaître cette contribution à la culture française ».

 

Aux accusations, le président de la branche française répond qu'Amazon emploie 5500 personnes sur le territoire, sans compter les emplois qu'il qualifie d'indirects, évoquant par exemple les agents de La Poste.

 

Du côté du Syndicat de la librairie française, on estime que la loi anti-Amazon va limiter le dumping du géant américain. L'organisme se plaignait notamment une vente à perte liée à la gratuité des frais de ports, qui viserait à « étouffer la concurrence et occuper à terme une position hégémonique sur le marché du livre qui lui permettra de relever les prix au détriment des lecteurs ».

 

Ce à quoi Romain Voog a répondu : « Si Amazon perd de l'argent ce n'est pas parce qu'il fait du dumping sur les prix, mais parce qu'il investit massivement dans les entrepôts. En France nous en avons ouvert quatre dans lesquels nous stockons 800.000 titres pour pouvoir servir au mieux les lecteurs. »

 

Mais le président d'Amazon France oublie soigneusement de préciser que sa société a profité d'aides publiques pour l'ouverture desdits entrepôts...




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