Amazon critiqué en Allemagne pour sa faible facture fiscale

Antoine Oury - 17.07.2013

Edition - International - Amazon - Allemagne - taxes


Le site d'e-commerce fait à nouveau le plaisir des commentateurs en Allemagne, après la révélation de sa facture fiscale. Evidemment, celle-ci s'avère largement inférieure à ses recettes, qui s'élèvent à quelques 8,7 milliards € sur l'année dernière. L'opinion publique est outrée, et un parlementaire européen des Verts allemands demande une réaction des autorités du pays.

 


Tax Bill

401(K) 2013, CC BY-SA 2.0

 

 

L'addition n'a pas été franchement salée, et laisse un goût amer au sein de l'industrie culturelle allemande : 3 millions $, le montant de la facture qu'a reçu Amazon pour l'année 2012, paraît bien dérisoire en comparaison aux recettes qu'il a réalisées sur l'année 2012. La société a déclaré 10 millions € de revenus, malgré la seconde place qu'occupe le pays dans ses marchés.

 

La manœuvre est bien connue : le site fait transiter ses revenus via une autre société, basée au Luxembourg, Amazon Europe Holding Technologies, qui profite alors de la politique fiscale plus permissive du pays. « Les responsables financiers doivent obtenir le meilleur retour sur investissement pour les actionnaires, et l'optimisation fiscale fait partie des moyens pour y arriver », admet Laurence Field, spécialiste des taxes chez Crowe Clark Whitehill LLP.

 

Un membre du Parlement européen, lié au parti allemand des Verts, Sven Giegold, a vigoureusement réagi à la nouvelle : « Je suis outré. Nous devons utiliser des moyens bien plus répressifs pour nous assurer que ces bénéfices ne puissent pas sortir du pays », a-t-il expliqué en soulignant qu'il allait faire parvenir une lettre au ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

 

« Faire des discours au G20 et se défiler sur les cas les plus flagrants, cela ne suffit pas », a-t-il ajouté. L'optimisation fiscale d'Amazon et de plusieurs autres multinationales des nouvelles technologies, comme Google ou Apple, est devenue publique depuis plusieurs mois, et les différents gouvernements cherchent désormais à s'entendre sur une politique fiscale commune, Amazon restant totalement dans la légalité dans le règlement de ses taxes. Cette politique commune, a minima européenne, devra faire avec les réticences des Etats-Unis, pour lesquels le dynamisme de ces sociétés est un atout certain.